Nouvel extrait du premier SOUNDS OF ALIENATION 远人之歌

 
Après avoir dévoilé son premier titre, "卷土归山" (Juan Tu Gui Shan)", le groupe chinois de Post-Metal / Black Metal, Sounds of Alienation 远人之歌, vient de dévoiler un second morceau, 萬千落木 (Wan Qian Luomu). Ce titre est également extrait de leur premier album à venir, 天问 Tianwen, attendu le 2 mars (14e jour du premier mois lunaire) via Pest Productions, avec une édition cassette prévue chez Under the Dark Soil.

Le groupe inscrit son esthétique dans une culture chinoise à la fois héritée et contemporaine, cherchant une musique "juste", à la fois tragique et en mouvement, où rythme et mélodie donnent corps à un récit. Leur écriture, rigoureuse et fluide, se veut affranchie des catégories et fidèle à l’oreille.

Cet ancrage passe par la langue chinoise, seule à même d’épouser la matière sonore avec précision. Leur démarche s’inscrit dans une mémoire collective (entre paysages anciens et vies contemporaines) et vise à en restituer la continuité.

À travers leur musique, ils esquissent enfin l’idée d’un retour vers une "Grande Voie" perdue, où intime et collectif se rejoignent dans une résonance commune. 

Concernant ce nouveau titre ils expliquent : "Le bois — ce qui s’élève et croît. Issu de la terre, qu’il ploie ou se tienne droit, il connaît le sens de son fil.

Le monde célèbre le bois jugé “utile” : apte à être taillé en nerf et en os, apte à porter les poutres de l’empire.

Mais bien plus nombreux est le bois déclaré impropre. Brûlé par les feux de montagne, croûté de givre, il endure précisément parce qu’il est sans utilité. Le tronc prétendument pourri survit aux dynasties — témoin des fleuves renommés, des frontières redessinées, du royaume des hommes juré éternel.

On se lamente sur les martyrs sans abri — mais tel est le destin incoupable de tout bois impropre. Seul dans ce corps, les mains tordues en une résolution vaine, la tête penchée, jour après jour.

Générations de pères et de fils et leurs destins ossifiés — ne pleurez pas : lorsque viendra pour vous le temps de devenir cendres et poussière, je recueillerai ce qu’il en reste.

Dix mille feuilles tombent, et nulle ne peut être reprise — il fallait le savoir : seul le Néant attend l’empreinte de votre destin, le dernier trait de son fil."

 

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