ARTE explore la puissance politique du cri, du Black Metal à la "scream therapy"

"Le silence est un p**n de crime". Pour certain·e·s artistes, le cri n’est plus un signe de faiblesse ni un marqueur d’hystérie, mais une réponse assumée à un monde perçu comme de plus en plus violent. Longtemps réduites au silence, les femmes et minorités de genre réinvestissent aujourd’hui le hurlement comme forme d’expression collective, performative et politique.

À contre-courant de la figure traditionnelle de la scream queen – héroïne terrifiée et impuissante du cinéma d’horreur – ou de l’image stigmatisante des femmes hystériques reléguées aux institutions psychiatriques, ces artistes revendiquent le cri comme outil d’émancipation. Le hurlement, loin d’être un symptôme, devient une pratique revendiquée et ritualisée.

En Norvège, les membres du trio de Black Metal Witch Club Satan invitent leur public à pousser des cris évoquant ceux de l’accouchement. Le geste, radical et collectif, se veut une reconquête du corps et de la voix, transformant la scène en espace politique où la rage se partage et se performe.

À Berlin, l’artiste Andrzej Profus s’inspire quant à lui de la culture screamo pour proposer des ateliers de "scream therapy". L’objectif : permettre à chacun·e de libérer des cris longtemps retenus, dans un cadre sûr et encadré, loin des tabous qui entourent encore l’expression sonore de la colère.

Tracks est parti à la rencontre de ces créateurs et créatrices qui réinventent la place du hurlement dans nos sociétés. Entre performances musicales, rituels sonores et pratiques thérapeutiques alternatives, tous et toutes ont un point commun : refuser le silence et remettre la voix au centre des luttes. Découvrez le reportage ci-dessous :



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