
Grave - Into the Grave (Album, 1991)
Tracklist :
01. Deformed – 04:06
02. In Love – 03:34
03. For Your God – 03:46
04. Obscure Infinity – 03:06
05. Hating Life – 03:02
06. Into the Grave – 04:07
07. Extremely Rotten Flesh – 04:35
08. Haunted – 03:38
09. Day of Mourning – 03:34
10. Inhuman – 03:50
11. Banished to Live – 04:50
Streaming intégral :
01. Deformed – 04:06
02. In Love – 03:34
03. For Your God – 03:46
04. Obscure Infinity – 03:06
05. Hating Life – 03:02
06. Into the Grave – 04:07
07. Extremely Rotten Flesh – 04:35
08. Haunted – 03:38
09. Day of Mourning – 03:34
10. Inhuman – 03:50
11. Banished to Live – 04:50
Streaming intégral :
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À moins d’être passionné par le gutnisk, ce dialecte si singulier du vieux norrois, par l’histoire de la Ligue hanséatique, qui dominait le commerce dans la mer Baltique durant la seconde moitié du Moyen Âge, ou par la rivalité entre Danois et Suédois, qui se sont longtemps disputé le territoire avant que les seconds n’en prennent définitivement le contrôle au XVIIᵉ siècle, l’île de Gotland n’est pas vraiment un endroit dont on entend parler tous les jours. Et pourtant, c’est bien sur cette île, loin de l’effervescence des scènes death metal de Stockholm ou Copenhague, qu’a émergé Grave, quatrième larron du Big Four du death suédois aux côtés des Stockholmois Entombed, Dismember et Unleashed.
Formé en 1986 sous le nom de Corpse, le groupe est alors composé de Jörgen Sandström au micro, Ola Lindgren à la guitare, Jonas Torndal à la basse et Jens Paulsson à la batterie. Il carbure à Celtic Frost, Slayer, Sepultura, Bolt Thrower ou Candlemass, soit une palette allant du doom aux débuts du death metal, avec quelques interférences crust punk. Rebaptisé Grave en 1988, le quatuor insulaire enregistre quelques démos dans sa ville natale de Visby, avant de partir pour Bielefeld, en Allemagne, en 1990, sponsorisé par le label Century Media. Le groupe y enregistre alors un split avec plusieurs autres valeurs montantes du death européen : leurs compatriotes d’Unleashed et de Tiamat, les Néerlandais d’Asphyx et les Français de Loudblast. Un autre split est enregistré à la même période, cette fois en compagnie de deux groupes anglais, Devolution et Deviated Instinct.
En 1991, Grave dispose donc déjà d’un répertoire solide, bénéficie d’une cote certaine en Europe grâce à la promotion de Century Media, et est prêt à se lancer dans le grand bain. Le groupe rejoint alors les Sunlight Studios de Stockholm, place forte du son buzzsaw caractéristique du death metal suédois, où Entombed a enregistré son légendaire premier album Left Hand Path l’année précédente, et où Dismember enregistrait encore Like an Ever Flowing Stream trois mois plus tôt. Chapeautés par le maître des lieux, Thomas Skogsberg, les insulaires bouclent l’enregistrement de leur premier album en 13 jours, en juin 1991, et après un mois de post-traitement, le disque sort le 1ᵉʳ août 1991 sous le nom de Into The Grave. Si quelques classiques comme "Tremendous Pain" ou "Putrefaction Remains" sont exclus du mix final, l’essentiel du répertoire développé entre 1988 et 1990 est représenté, et l’album ne comporte donc que trois titres inédits.
Musicalement, on retrouve sur cet album le style développé sur les démos précédentes : un savant mélange de la fureur brute des premiers Sepultura ou Bolt Thrower, de la lourdeur doomesque de Candlemass et de touches hardcore/d-beat typiques de la scène suédoise, mais cette fois enveloppé par le son plus caverneux des Sunlight, donnant aux compositions une aura bien plus lugubre que sur les démos. En surface, chaque titre est un véritable rouleau compresseur, gorgé de riffs gras et massifs, de rythmiques fracassantes et de lignes vocales d’outre-tombe ; mais Grave sait aussi faire respirer sa formule en variant rythmes et ambiances. Parmi les morceaux les plus marquants, on peut citer l’iconique "Deformed", doté d’un quasi-refrain d’anthologie, "Hating Life" et son alternance adroite entre mid-tempo groovy et accélérations dévastatrices, ou encore "Into The Grave", qui offre des descentes en contrées doom aussi glaciales que brillantes. Par ailleurs, malgré la patte sonore évidente de Skogsberg, on remarque que le son de guitare est moins « grinçant » et plus vrombissant que chez Entombed ou Dismember, un choix artistique parfaitement cohérent avec le style du groupe.
Si l’année 1991 a été particulièrement dense en sorties death metal cultes, Grave y a lourdement contribué (adverbe choisi à dessein), tant ce Into The Grave a marqué le genre, aussi bien en Scandinavie que dans le monde. Le style gras et caverneux pratiqué par les insulaires a donné des idées à de nombreuses autres formations — les Danois d’Illdisposed en tête — et a contribué à la renommée des Sunlight Studios, dont l’agenda sera encore bien chargé durant les années suivantes. Cet agenda inclura d’ailleurs Grave eux-mêmes, puisqu’après une tournée réussie en Europe et en Amérique du Nord, le groupe retrouvera l’antre de Thomas Skogsberg en juin 1992 pour l’enregistrement de son second disque, You’ll Never See…, qui officiera dans un registre similaire à Into The Grave et confirmera la place du groupe dans l’élite mondiale du death metal.
Formé en 1986 sous le nom de Corpse, le groupe est alors composé de Jörgen Sandström au micro, Ola Lindgren à la guitare, Jonas Torndal à la basse et Jens Paulsson à la batterie. Il carbure à Celtic Frost, Slayer, Sepultura, Bolt Thrower ou Candlemass, soit une palette allant du doom aux débuts du death metal, avec quelques interférences crust punk. Rebaptisé Grave en 1988, le quatuor insulaire enregistre quelques démos dans sa ville natale de Visby, avant de partir pour Bielefeld, en Allemagne, en 1990, sponsorisé par le label Century Media. Le groupe y enregistre alors un split avec plusieurs autres valeurs montantes du death européen : leurs compatriotes d’Unleashed et de Tiamat, les Néerlandais d’Asphyx et les Français de Loudblast. Un autre split est enregistré à la même période, cette fois en compagnie de deux groupes anglais, Devolution et Deviated Instinct.
En 1991, Grave dispose donc déjà d’un répertoire solide, bénéficie d’une cote certaine en Europe grâce à la promotion de Century Media, et est prêt à se lancer dans le grand bain. Le groupe rejoint alors les Sunlight Studios de Stockholm, place forte du son buzzsaw caractéristique du death metal suédois, où Entombed a enregistré son légendaire premier album Left Hand Path l’année précédente, et où Dismember enregistrait encore Like an Ever Flowing Stream trois mois plus tôt. Chapeautés par le maître des lieux, Thomas Skogsberg, les insulaires bouclent l’enregistrement de leur premier album en 13 jours, en juin 1991, et après un mois de post-traitement, le disque sort le 1ᵉʳ août 1991 sous le nom de Into The Grave. Si quelques classiques comme "Tremendous Pain" ou "Putrefaction Remains" sont exclus du mix final, l’essentiel du répertoire développé entre 1988 et 1990 est représenté, et l’album ne comporte donc que trois titres inédits.
Musicalement, on retrouve sur cet album le style développé sur les démos précédentes : un savant mélange de la fureur brute des premiers Sepultura ou Bolt Thrower, de la lourdeur doomesque de Candlemass et de touches hardcore/d-beat typiques de la scène suédoise, mais cette fois enveloppé par le son plus caverneux des Sunlight, donnant aux compositions une aura bien plus lugubre que sur les démos. En surface, chaque titre est un véritable rouleau compresseur, gorgé de riffs gras et massifs, de rythmiques fracassantes et de lignes vocales d’outre-tombe ; mais Grave sait aussi faire respirer sa formule en variant rythmes et ambiances. Parmi les morceaux les plus marquants, on peut citer l’iconique "Deformed", doté d’un quasi-refrain d’anthologie, "Hating Life" et son alternance adroite entre mid-tempo groovy et accélérations dévastatrices, ou encore "Into The Grave", qui offre des descentes en contrées doom aussi glaciales que brillantes. Par ailleurs, malgré la patte sonore évidente de Skogsberg, on remarque que le son de guitare est moins « grinçant » et plus vrombissant que chez Entombed ou Dismember, un choix artistique parfaitement cohérent avec le style du groupe.
Si l’année 1991 a été particulièrement dense en sorties death metal cultes, Grave y a lourdement contribué (adverbe choisi à dessein), tant ce Into The Grave a marqué le genre, aussi bien en Scandinavie que dans le monde. Le style gras et caverneux pratiqué par les insulaires a donné des idées à de nombreuses autres formations — les Danois d’Illdisposed en tête — et a contribué à la renommée des Sunlight Studios, dont l’agenda sera encore bien chargé durant les années suivantes. Cet agenda inclura d’ailleurs Grave eux-mêmes, puisqu’après une tournée réussie en Europe et en Amérique du Nord, le groupe retrouvera l’antre de Thomas Skogsberg en juin 1992 pour l’enregistrement de son second disque, You’ll Never See…, qui officiera dans un registre similaire à Into The Grave et confirmera la place du groupe dans l’élite mondiale du death metal.
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