Du 13 février au 1er mars, le Cinéma Nova à Bruxelles consacre un cycle ambitieux aux correspondances entre black metal et cinéma. Intitulée « Black Metal Frames », cette programmation explore les multiples circulations esthétiques entre un genre musical né dans la radicalité des années 80 et le champ du septième art. Loin d’un simple clin d’œil thématique, le projet entend interroger la manière dont l’imaginaire black — satanisme, occultisme, paganisme, fascination pour la mort, rejet du monde moderne — a débordé du strict cadre musical pour contaminer les arts visuels, l’expérimentation filmique et la culture contemporaine.
Né dans le sillage du metal extrême et du punk, le black metal s’est imposé comme une rupture : production volontairement lo-fi, posture « no fun », volonté de créer la musique la plus radicale et la plus “diabolique” possible. Mais cette dynamique ne s’est pas limitée au son. Très vite, une esthétique complète s’est constituée, irriguant graphisme, performance, art contemporain et cinéma. C’est précisément cette expansion que le Nova propose d’examiner, en recontextualisant le mouvement, en abordant ses origines, ses scènes nationales et ses réappropriations culturelles, tout en dépassant les épisodes morbides et les dérives politiques qui ont marqué ses débuts.La programmation alterne œuvres de patrimoine, documentaires, fictions et raretés projetées dans des formats exceptionnels. Parmi les moments forts figurent “Begotten”, présenté en 16mm dans l’une des deux seules copies existantes au monde, ainsi que “Le Septième Sceau” d’Ingmar Bergman en 35mm, dont l’imaginaire apocalyptique résonne profondément avec les thématiques du metal extrême. Le cycle inclut également “El Día de la Bestia” d’Álex de la Iglesia, comédie horrifique anarchique devenue culte, “Until the Light Takes Us”, plongée essentielle dans la scène norvégienne des origines, ou encore “A l’Est de l’Enfer” de Matthieu Canaguier (Aluk Todolo), évocation sensorielle de la scène black indonésienne. Le regard s’étend jusqu’en Amérique du Sud avec “Rodrigo D No Futuro” de Victor Gaviria et le documentaire rare “South American Hell”, consacré aux débuts de la scène underground colombienne.
Le dialogue entre musique et image prendra également une forme performative avec une séance exceptionnelle où PÅGÅ, projet expérimental des frères Ahman (Saturnalia Temple, In Solitude), interprétera en live une nouvelle bande-son pour “Faust” de Jan Švankmajer. En parallèle, un partenariat avec le collectif A Thousand Lost Civilizations reliera la programmation du Nova à un festival organisé au Magasin 4, avec notamment la présence du compositeur Fabio Frizzi. Des medleys d’archives vidéo issus de la scène underground viendront compléter cette immersion.
La réflexion théorique ne sera pas en reste. Le 22 février, la conférence « Black Metal : quand l’esthétique déborde » réunira l’historien de l’art Benjamin Bianciotto et le journaliste François Vesin autour d’une question centrale : que devient le black metal lorsqu’il quitte l’underground ? À travers le cinéma, l’art contemporain, la littérature, la mode ou encore les mèmes, il s’agira d’analyser les mécanismes de diffusion, de légitimation et de jugement esthétique, ainsi que les tensions entre authenticité proclamée et normalisation culturelle.
Né dans le sillage du metal extrême et du punk, le black metal s’est imposé comme une rupture : production volontairement lo-fi, posture « no fun », volonté de créer la musique la plus radicale et la plus “diabolique” possible. Mais cette dynamique ne s’est pas limitée au son. Très vite, une esthétique complète s’est constituée, irriguant graphisme, performance, art contemporain et cinéma. C’est précisément cette expansion que le Nova propose d’examiner, en recontextualisant le mouvement, en abordant ses origines, ses scènes nationales et ses réappropriations culturelles, tout en dépassant les épisodes morbides et les dérives politiques qui ont marqué ses débuts.La programmation alterne œuvres de patrimoine, documentaires, fictions et raretés projetées dans des formats exceptionnels. Parmi les moments forts figurent “Begotten”, présenté en 16mm dans l’une des deux seules copies existantes au monde, ainsi que “Le Septième Sceau” d’Ingmar Bergman en 35mm, dont l’imaginaire apocalyptique résonne profondément avec les thématiques du metal extrême. Le cycle inclut également “El Día de la Bestia” d’Álex de la Iglesia, comédie horrifique anarchique devenue culte, “Until the Light Takes Us”, plongée essentielle dans la scène norvégienne des origines, ou encore “A l’Est de l’Enfer” de Matthieu Canaguier (Aluk Todolo), évocation sensorielle de la scène black indonésienne. Le regard s’étend jusqu’en Amérique du Sud avec “Rodrigo D No Futuro” de Victor Gaviria et le documentaire rare “South American Hell”, consacré aux débuts de la scène underground colombienne.
Le dialogue entre musique et image prendra également une forme performative avec une séance exceptionnelle où PÅGÅ, projet expérimental des frères Ahman (Saturnalia Temple, In Solitude), interprétera en live une nouvelle bande-son pour “Faust” de Jan Švankmajer. En parallèle, un partenariat avec le collectif A Thousand Lost Civilizations reliera la programmation du Nova à un festival organisé au Magasin 4, avec notamment la présence du compositeur Fabio Frizzi. Des medleys d’archives vidéo issus de la scène underground viendront compléter cette immersion.
La réflexion théorique ne sera pas en reste. Le 22 février, la conférence « Black Metal : quand l’esthétique déborde » réunira l’historien de l’art Benjamin Bianciotto et le journaliste François Vesin autour d’une question centrale : que devient le black metal lorsqu’il quitte l’underground ? À travers le cinéma, l’art contemporain, la littérature, la mode ou encore les mèmes, il s’agira d’analyser les mécanismes de diffusion, de légitimation et de jugement esthétique, ainsi que les tensions entre authenticité proclamée et normalisation culturelle.
Enfin, le cycle s’accompagne d’expositions présentées pendant toute sa durée. Les collages de Una Hamilton Helle, les photographies sombres d’Anass El Azhar et les peintures à l’huile de Simon Chognot prolongent l’exploration visuelle d’une esthétique traversée par la noirceur, l’archétype et la mystique.
Avec « Black Metal Frames », le Cinéma Nova propose ainsi bien plus qu’un simple cycle thématique : une traversée critique et sensorielle d’un mouvement culturel souvent mal compris, dont l’influence dépasse largement le cadre musical. Pendant plus de deux semaines, un vent noir soufflera sur Bruxelles.
Avec « Black Metal Frames », le Cinéma Nova propose ainsi bien plus qu’un simple cycle thématique : une traversée critique et sensorielle d’un mouvement culturel souvent mal compris, dont l’influence dépasse largement le cadre musical. Pendant plus de deux semaines, un vent noir soufflera sur Bruxelles.



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