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Chronique | UNREQVITED - Stars Wept To The Sea (Album, 2018)


Unreqvited - Stars Wept To The Sea (Album, 2018) 

Tracklist:

1. Sora 天 07:13 2. Anhedonia 05:21 3. Stardust 07:12 4. Kurai 暗い 07:57 5. Empyrean 03:29 6. White Lotus 05:28 7. Namida 涙 03:01 8. Soulscape 13:13


Streaming Intégral:
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« La musique est la vapeur de l’art. Elle est à la poésie ce que la rêverie est à la pensée, ce que le fluide est au liquide, ce que l’océan des nuées est à l’océan des ondes ».

Si Victor Hugo n’a pas connu les premiers hurlements provenant des forêts nordiques, sa citation pourrait toutefois bien s’appliquer au black metal atmosphérique joué par Unreqvited. Projet solo venu tout droit du Canada, Unreqvited s’inscrit dans le sillage de groupes tels que Mesarthim, Lustre ou Numenorean, en proposant un black metal atmosphérique reposant sur un chant teinté de spleen, dans une ambiance contemplative et mélancolique, le tout noyé dans une solide dose de réverb.

C’est en tout cas la formule qu’a proposée le groupe sur Disquiet, son premier album qui formait un voyage dans des terres glacées encore inconnues. , seul membre du groupe, distillait son Depressive Atmospheric Black Metal (DABM ?) sur 41 minutes, plongeant l’auditeur dans des tourmentes glaciales dont, pour peu qu’il soit sensible à ce genre de musique, il ne ressortait pas indemne. Changement d’ambiance avec le deuxième album du groupe, Stars Wept Across The Sea, où la thématique de l’eau semble être cette fois-ci le cœur du projet, jusqu’à son magnifique artwork.

Unreqvited, malgré son appartenance au black metal atmosphérique - genre qui a connu sur ces 5 dernières années un retour fulgurant sur le devant de la scène - parvient musicalement à intégrer des éléments lui apportant un intérêt supplémentaire. Si l’on retrouve les classiques tremolo-pickings, les lignes de piano à la fois sinistres et mélancoliques, et les hurlements parfois inintelligibles mais si prompts à donner la chair de poule, semble avoir donné cette fois ci une dimension nouvelle à sa musique. L’intégration de chœurs féminins, particulièrement présents sur "Sora", l’ouverture quasi instrumentale de l’album, donne un aspect cinématographique à l’album, comme un souffle mélancolique qui transporte l’auditeur de la surface aux tréfonds. De même, Stars Wept Across The Sea est rempli de passages ambient, qui certes cassent parfois le rythme des morceaux, mais qui donnent à l’ensemble une couleur mélancolique et calme, plus proche des paysages musicaux de Lustre que de la folie spatiale et grandiloquente de Mesarthim. Les lignes de claviers semblent parfois s’allonger des minutes entières, et s’opposent à la voix déchirante et aux riffs qui tiennent plus du post black que d’un raw black metal sur lequel on aurait posé une reverb et un delay.

L’album tout entier se construit sur cette opposition constante entre l’aspect orchestral un peu épique apporté par les mélodies des synthés, pianos et chœurs, et l’ambiance sombre inhérente au black metal. Sans proposer les rythmiques les plus complexes ni les plus inventives, Unreqvited sait surtout assembler des riffs et proposer un emballage des plus appréciables. Sur "Anhedonia", on sent que la répétitivité des riffs est loin d’être un cache-misère ; au contraire, elle permet au groupe d’installer une ambiance sonore, de créer dans chaque morceau un univers en partant de cette base solide que sont ces riffs.
Au vu du peu d’informations sur le groupe, impossible de savoir si est également responsable des batteries, qui peuvent souvent, dans le cas d’un one-man-band, être simplement programmées à l’ordinateur, et qui sonnent du coup trop artificielles. Ce n’est en tout cas pas l’impression qui se dégage de Starts Wept Across The Sea, et des morceaux comme "Stardust" ou "Soulscape" témoignent d’une vraie réflexion globale sur les rythmiques de chaque morceau. La batterie évolue de manière harmonieuse avec l’ensemble des autres instruments, et alterne entre une rapidité folle sur des montées épiques et des passages bien plus tranquilles, prompts à laisser les autres instruments s’exprimer aussi.

Point notable, la présence de deux interludes, "Empyrean" et "Namida", qui méritent qu’on s’y intéresse. En effet, ces deux morceaux sont également ceux où les influences externes au black metal s’expriment pleinement, "Empyrean" étant un interlude au piano tenant cette fois ci du classique, avec deux instruments se répondant sur fond de chœurs féminins, l’apport de cordes donnant au tout une ambiance mélancolique qui sied parfaitement à l’album.
"Namida" nous sort des semi-ténèbres dans lequel l’album nous avait plongé pour proposer une ambiance plus paisible. On est ici face a un morceau qui relève presque du dungeon synth - et qui m’a personnellement rappelé les sorties de Fief - où flutes et harpes sont mises en avant.
L’interlude, pour le coup, dénote quelque peu avec le reste de l’album, dont la cohérence est en partie assurée par l’utilisation d’instruments similaires d’un morceau à l’autre. Toutefois, s’il reste dispensable, cet interlude est très bien exécuté, et il serait intéressant de voir
creuser un peu plus cette direction musicale.

Stars Wept Across The Sea est donc une réussite pour Unreqvited, qui avec ce second album transforme l’essai de Disquiet. Sortant des carcans du black metal atmo' par son utilisation plus réfléchie des instrumentations, Unreqvited ne cède jamais à la facilité et propose à l’auditeur d’embarquer pour un voyage au retour incertain, mais qui promet d’être beau, mélancolique, parfois sombre, mais durant lequel la lumière des étoiles brillera toujours du fond de l’océan, même dans les abysses.

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Vendredy

Unreqvited

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