Deux ans après Lower Form Resistance, la formation montréalaise poursuit son exploration d'un univers futuriste où hégémonie technologique, entropie et évolution cybernétique se rencontrent. Le groupe décrit Artifice Dissolves comme « une conscience artificielle déconnectée de tout contrôle, réécrivant son propre code en boucle, chaque mouvement révélant une nouvelle dimension fantasmagorique au sein de la mythologie bionique de Dissimulator ».
À travers ce nouvel opus, Dissimulator imagine ainsi une intelligence échappant progressivement à tout contrôle et réécrivant son propre code. Des titres comme "Alloyed" et "Neon Metropolis" traduisent cette fuite en avant par une succession d'accélérations, d'effondrements et de reconstructions, tandis que l'album développe une réflexion sur la condition humaine face à ses propres créations : « [...] une hallucination cyborg représentant une civilisation qui se consume dans les caniveaux sans soleil de ses mégalopoles autonomes ; les rêves fiévreux et déformés d’une Machine-Dieu omnisciente, ainsi que les effets secondaires malveillants de ses augmentations cybernétiques. »
Tracklist :
01. Apophenic Rage
02. Hungry Ghosts
03. Artifice Dissolves
04. Alloyed
05. Proprioceptor
06. Dusk
07. Neon Metropolis
08. Anodyne
09. Robostrobos
Le premier extrait, "Alloyed", s'intéresse ainsi à la notion de « honte prométhéenne » développée par le philosophe Günther Anders : le sentiment éprouvé par l'être humain de se trouver inférieur à la perfection de ses propres machines. Le morceau met cette idée en musique à travers des riffs syncopés évoluant au rythme du texte et l'évocation d'un individu cherchant à devenir entièrement cybernétique. Une réflexion qui pose une question centrale : le danger réside-t-il dans le dépassement de l'humain par la machine, ou dans la volonté de l'humain de lui ressembler ?

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