
Alors que les frimas de 2026 se dissipent, l’équipe de Scholomance Webzine s'est réunie pour faire le bilan de ses dernières obsessions sonores. Fidèles à notre liberté habituelle, nous avons choisi d'ignorer les frontières temporelles : ce top est un carrefour où les premières nouveautés de l'année croisent le fer avec les pépites manquées de 2025 et les trésors intemporels de toutes époques confondues.
Qu’il s’agisse de sorties brûlantes ou de redécouvertes tardives, chaque album sélectionné a une seule raison d’être ici : celle d'avoir fait vibrer nos platines et marqué nos esprits durant ces longs mois d’hiver.
Laissez-vous porter par la curiosité de nos chroniqueurs et plongez dans ces univers contrastés qui font toute la sève de notre passion. Bonne lecture et surtout, belles découvertes le tout illustré par deux œuvres d'Alcide Nathanaël, connu pour
ses travaux d'illustrateur sur
L'Oracle des Sages, de
Mercure et sur les
Cartes Divinatoires d'Algariel, mais vous avez également - si vous suivez assidument nos pages et TOPs - déjà croisé son travail d'illustrateur avec
Tassi dont il a orné les deux premiers albums, et le dernier single de
Bliss-Illusion.
Morgan
Skeletal Augury - Eureka 尤瑞卡 (2024)
Worm - Necropalace (2026)
Hanggai - Introducing Hanggai 介绍杭盖 (2008)
Popol Vuh - On The Way To A Little Way (Soundtracks From "Nosferatu") (1978)
John Williams - Star Wars (1977)
Après un TOP 10 annuel, mes pérégrinations m’ont porté vers des valeurs sûres. Entre l’incroyable et inégalée BO de Star Wars, je suis retourné à celle de Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner Herzog, avec ses moments entre Krautrock, Minimal Ambient et sitar. Des instants hors du temps, empreints d’angoisse et d’obscurité.
Restant dans ces ombres, j’ai (re)découvert le dernier Skeletal Augury. Passé rapidement lors de sa sortie en 2024 (n’ayant pas accroché aux précédents) le groupe de Black / Thrash chinois livre avec Eureka 尤瑞卡 un album vraiment aux petits oignons. Production incroyable : un Black / Thrash old-school dans la forme, mais modernisé par le travail de Sebastian Has (notamment avec Behemoth), le tout porté par une atmosphère totalement diabolique. Clairement efficace sur moi, grand amateur de proto-Black / Black-Thrash « salade tomates oignons ».
Pangolyn, me voyant apprécier ce mélange old-school / moderne, m’a poussé (harcelé) à écouter le dernier Worm. Après plusieurs écoutes, l’album me laisse un sentiment de… rester sur ma faim. J’adore l’idée d'un black sympho kitsch, une sorte d’Evol à la sauce 2026 avec claviers gothiques, riffs Heavy incroyable, ambiances de châteaux fantastiques ... mais il y a ce problème du « trop » et du « pas assez ». Pas assez jusqu’au-boutiste comme Evol, pas assez grandiloquent comme du vieux Dimmu, pas assez vampirique comme Cradle. Tout y est, mais rien ne l’est pleinement, comme si toutes ces influences avaient été injectées au forceps. Je l’ai laissé de côté après quelques écoutes ; j’y reviendrai pour voir si ce ressenti se confirme, ou s’infirme. J’aimerais que ce soit le cas, mais pour l’instant, Evol reste inégalable pour moi dans le kitscho-féerique Black Metal.
Ah, et j’ai écouté Hanggai, c’est incroyable Hanggai. C’est mieux que The HU, écoutez Hanggai.
Pangolyn
Sarāb - Mīt Warde (2026)
Tinaa - Minuit Sonne (2026)
Gorillaz - पर्वत (The Mountain) (2026)
Mariya Takeuchi - Variety (1984)
Swancry - 幾つもの祈りへ (2024)
L’année 2026 commence à peine et déjà d’excellents albums sont à mettre en rotation !
Pour commencer l’excellent Sarāb, cet album finira sûrement dans le top annuel et j’espère pouvoir voir ça en live ; mélange de noise punk, musique arabe, jazz et poésie, avec des textes prenants et un mélange d’émotions qui prend aux tripes à chaque morceau.
On continue avec Tinaa : j’ai connu l’artiste grâce à son feat avec Krav Boca, puis un passage à Sainté. Un rap engagé, des textes bien écrits, un bon flow... l’album tourne quasi une fois par jour à la maison.
Le retour de Gorillaz : habituellement j’écoute leurs albums une fois à la sortie et ça passe, mais cette fois ils m’ont accroché. La sitar, les ambiances indiennes, les tubes de l’album (Orange County en particulier), les passages instrumentaux... Même si l’album donne une impression parfois de patchwork mal foutu entre les morceaux, je me plais à le repasser.
En ce début d’année, j’ai pu mettre la main sur quelques vinyles de Mariya Takeuchi, c’était donc le moment de les faire passer en boucle. Écouter enfin Variety sur ma platine, quel bonheur ! Les fans de City-Pop comprendront.
Pour finir, on reste au Japon avec une petite découverte : je suis tombé sur la promo du premier album de Cissné, j’ai donc été fouiner et je suis tombé sur le premier album de la chanteuse Swancry, un bon petit album pour les fans de Post/Screamo à la Envy.
Ce n’est pas souvent qu’il est dur de faire un choix pour un top saisonnier ; beaucoup de bons albums sont sortis depuis janvier et mon rattrapage de 2025 m'a permis plein de belles découvertes. Alors petit names drop : Glassbone (Death/HxC) qui revient avec un très bon EP, Converge et son nouvel album, YinYin (Neo-Psy Funky), Worm que mon collègue a mentionné juste au-dessus, Hen Ogledd (Experimental Psy Rock), Vincen García pour les bassistes, et pour le rattrapage 2025 Maruja et son Post-Punk Jazzy, Honningbarna (Noise/Punk) et This Gift Is A Curse !
L’année annonce donc un gros vide dans le portefeuille niveau albums : le Balthvs (Neo-Psy/Groove) écouté juste avant d’écrire ce texte et le Neurosis qui passe pendant que j’écris ces lignes ne peuvent que le confirmer !
Iviche

C'est un top d'hiver hétéroclite et merveilleux que je vous propose cette année.
D'abord Kokoro est album foncièrement réjouissant, chill et dansant dont le style, qu'on peut rapprocher de la Fusion est difficile à décrire : léger et profond, Funky, Pop et évanescent sur des beats Disco, le chant féminin japonais se mêle à des influences Psyché Moyen-Orientales. Né en 2024, ce premier album entre Sababa 5 et Yurika Hanashima, à plus d'un égard inclassable (et pourtant si évident qu'il en est presque addictif) sonne comme venu d'un autre temps, à la fois passé, présent et futur. Dans la vibe un peu futuriste et Psychédélique inspiré des sons du Moyen-Orient ça m'évoque les ambiances du très beau jeu-vidéo "30 Birds" produit par Arte et entièrement dessiné à la main. Une pépite inattendue qui tourne en boucle chez moi ! Pour les amateurs de musiques sombres, vous ne trouverez pas forcément ici de quoi gorger vos cellules de sombreur, mais restez car une grande profondeur est au rdv dans la suite de mon top hivernal !
Ce que j'ai pu écouter Jean Rondeau (qu'on saluera pour ses prises de position politiques dans le monde assez sclérosé de la musique classique) cet hiver ! J'ai toujours adoré le son du clavecin, mais jusque là la musique de chambre n'étant pas mon truc je restais un peu sur ma faim. En interprétant les compositions un peu méconnues de Louis Couperin, Jean Rondeau a donné brillamment vie à un vieux rêve de clavecin que j'avais presque sorti de mon esprit. À ce sujet, un très beau documentaire Arte est sorti en décembre. On y découvre notamment la liberté d'interprétation qu'a pu prendre le claveciniste puisque les partitions de Jean Couperin ne comprenaient pas précisément les durées des notes. C'est un album en plusieurs CDs, que je trouve idéal pour méditer, travailler ou même lire. Il y a une vraie profondeur ancienne et "philosophiquement rafraîchissante" dans ces sonorités baroques.
Qui aime l'œuvre de Tolkien serait peut-être surpris par cet hommage Symphonic Prog tendance Psyché de Bo Hansson tout droit venu de l'année 1970. Ça ne sonne pas spécialement médiéval, ni même fantasy. Mais c'est un superbe album je dois dire, sinon je ne l'aurais pas autant poncé. Il y a un mouvement, un voyage, quelque chose de rêveur, et parfois épique. Je trouve qu'il fait partie de ces albums indémodables de la musique Progressive des années 70, de ces sons hors du temps. C'est très beau, c'est chaud comme une vieille ampoule. Bien que les morceaux soient un peu courts et finissent souvent un peu abruptement, les mélodies se baladent, se transforment avec un souffle et entrain des plus rafraîchissants ! Je ne me lasse pas de l'écouter.
Qntal me rappelle un peu mon adolescence car c'est un groupe que j'affectionnais déjà. J'ai toujours été fan de la voix de Sigrid Hausen (et de son autre projet Estampie). Heureusement comme "IX - Time Stands Still" n'était pas sorti à l'époque, ça ne me replonge pas trop dans les souvenirs désagréables de cette période ingrate. Il y a quelque chose qui demeure un peu kitsch dans ces sons Electro très "y2k" époque Matrix, mélangés à des sortes de (magnifiques) mélopées issues d'un moyen âge onirique et éthéré. Et je crois que ça fait partie de la recette que j'aime... Ce mélange un peu délabré, aussi froid et Indus que chaleureux, un peu contradictoire, m'évoque vaguement l'ordre des marteleurs dans Thief, pour ceux qui auront la réf. Soyons honnête c'est le romantisme gothique de mon passé qui ressurgit cet hiver. Peut-être suite à la visite de la chouette exposition "Gothiques" au Louvre de Lens ?
Quand je veux sentir la mélancolie de la vie scintiller comme de fins flocons de neige, j'écoute Book of Life de Masayoshi Fujita. En période hivernale, c'est un album idéal pour contempler la beauté de la vie, ce qu'elle a de tragique et de tâches d'encre, de papier usé, de pages d'épreuves, et douceur aussi, de splendeurs simples. Observer c'est mettre à distance. À cette écoute, c'est comme si un filtre de givre melé au feu du coeur adoucissaient la vie. Dans une émotion sincère et galopante, l'Ambient un peu flou et foisonnant de Masayoshi Fujita saisit à merveille la lumière tamisée de l'hiver dans ce qu'elle porte de magie.
Nyarlathotep

Le début d'année est toujours pour moi l'occasion de (ré)écouter les sorties de l'année précédente, en particulier celles sorties en fin d'année. Mais aussi comme beaucoup d'entre nous, le début d'une nouvelle année à écouter les sorties de ce cru 2026, le tout émaillé de quelques vieilleries.
Inévitablement mes plus grosses écoutes de ce début d'année sont des albums sortis récemment, à commencer par deux albums parus chez Everlasting Spew Records, label italien spécialisé dans le Death Metal, et qui depuis quelques temps à le chic pour sortir des albums de très bonnes factures. Et l'année a démarrer avec un album que je n'attendais aucunement, In Unreality's Coffin des américains de Ectovoid. Ceux-ci propose un Death Metal sombre et puissant mais également très intelligent avec de nombreux riffs qui font mouches à la croisée d'Autopsy et d'Incantation. Bref ma premiere très bonne surprise de cette année dont je ne me lasse pas.
Toujours sur le meme label, mais attendu de pied ferme cette fois-ci, le second album des brésiliens de Fossilization. Autant le dire entre leur EP et leur premier album qui avait fini au sommet de mon top album en 2023, ce groupe s'est hissé parmi mes favoris. Et ce n'est pas avec ce nouvel album Advent Of Wounds que cela va changer. Certes la surprise n'est plus là mais la qualité de leur Death Metal noir et violent et l'opacité qui s'en dégage en font déja un serieux concurrent pour mon top de fin d'année. Je l'attendais fermement et je ne suis pas décu le moins du monde.
Pour le reste, mon top se compose de The Art Of Self Defense, premier album des américains de High On Fire avec leur Sludge/Doom blindé de riffs lourds et ultra efficaces qui restent en tête et la font inévitablement secouer.
Et au rayon secouage de tête, avec dévissage des cervicales et envies de balancer des meubles par la fenêtre en prime, j'ai également beaucoup réécouté Demolition Hammer. J'aurais put mettre n'importe lequel des deux premiers albums mais finalement le second Epidemic Of Violence aura eu ma préférence en ce debut d'année. Et c'est peu de dire qu'il porte particlièrement bien son nom, tous les riffs de cet album sont redoutables et hyper efficaces.
Enfin, pour clore ce top hivernale, une sortie tardive de l'année dernière avec le premier album des américains de Terror Corpse, né des cendres de Malignant Altar (et composé de l'intégralite du line-up de Necrofier) qui envoie un Death Grind gras et bien méchant. Tiens et bah d'aileurs, je m'en vais m'écouter ce nouyel album de leur projet de Black Metal. Ca me changera de mes trucs noirs, gras et violents... ou peut etre pas.
Dee Cooper

C'est dans l'adversité que sont produites les meilleurs son. Sludge for life!
Loucach

Magnificat, album surprise du rappeur en roue libre total qui décide de laisser libre cours à ses envies et qui propose un projet décalé et surprenant. Des textes risibles, des refrains naïfs et des mélodies bateau ? Ou bien un artiste qui expérimente un délire, qui se fait plaisir musicalement et qui livre ce qu'il a sur le cœur sans prise de tête ? Chacun y trouvera ce qu'il veut dans cet album improbable.
On enchaîne sur un grand écart stylistique digne de JCVD pour se diriger vers le jazz de Coltrane. La légende du saxophone propose ici une envolée musicale technique, des petits classiques aux mélodies subtiles avec des harmonies qui régalent les oreilles et l'esprit.
Inspiré par une vidéo récente de Sakrifiss dans laquelle il présente des groupes de black metal aux styles atypiques, je me suis laissé séduire par Untamed Land. Le groupe propose ainsi un black metal teinté de country folk sauce épique, un mélange qu'il marie à la perfection et qui dépeint alors une échappée grandiose dans les plaines de l'Ouest à dos de cheval cadavérique.
Nouvel EP du groupe Grey Daze qui compose désormais avec Cris Hodges au chant, succédant au regretté Chester Bennington qui conférait au groupe une aura grunge mélancolique sans pareille. Cependant, la nouvelle formation n'est pas en reste et délivre des riffs puissants qui lui donnent un élan de renouveau, une intention moins torturée et plus vindicative.
Retour dans les contrées de Cyrodile après 20 ans avec l'OST d'Oblivion. Le quatrième opus de la série des Elder Scrolls voit à nouveau le compositeur Jeremy Soule aux commandes de la bande son d'un univers monumental aux histoires épiques, aux destins glorieux et aux batailles grandioses. La composition si distinctive de l'artiste en fait une ambiance reconnaissable entre mille. Entendre les premières notes suffit à stimuler l'imaginaire au-delà même de ce que l'œuvre vidéo-ludique a à proposer.

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