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Chronique | HALLIG – A Distant Reflection of the Void (album, 2018)


Hallig – A Distant Reflection of the Void (album, 2018)

Tracklist :

1. A Dawn beneath Titanium Clouds
2. Neues Land
3. Trümmer
4. Straight to the Ninth
5. To Walk with Giants
6. Im Aufwärtsfall
7. Into Infinity
8. From Ashes All Blooms
9. The Starless Dark
10. A Distant Reflection of the Void

Streaming complet de l'album :
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Six années après 13 Keys to Lunacy, Hallig revient avec un nouveau long format, intitulé A Distant Reflection of the Void. Pour cet album, le groupe a rejoint l'écurie de Talheim records (Psychonaut 4, Waldschrat, Happy Days...) qui distribue l'album au format CD. La sortie de cette nouvelle production avait été introduite par la sortie en 2016 d’une démo comprenant deux titres présents sur ce dernier opus. Alors qu'en est-il de ce nouvel opus ? Quels évolutions sont à noter après six années écoulées ?

Nous voilà donc transportés dans l’univers à la fois mélodique et rempli de fureur de Hallig. La production moderne et homogène réalisée par Markus Stock (qui a été chargé du mixage et du mastering de l'album) donne au son la couleur qu’il mérite. Les guitares leads réverbérées renforcent les caractères épiques des mélodies interprétés, tandis que les lignes rythmiques sont solidement équilibrées entre elles.

L'album s'ouvre sur des sons électroniques épurés rappelant le cosmos, le vide sidéral, A Distant Reflection of the Void. Après un coup de caisse claire, nous sommes cependant de retour sur terre avec un torrent de trémolos, un mur de son mixant guitares furieuses, blasts et chant guttural. "A Dawn Beneath Titanium Clouds" nous enferme dans un espace sans air où seul un court pont en mid tempo permet de reprendre un peu son souffle. Une entrée en matière plus axée Black Metal traditionnel laissant l'aspect mélodique au second plan. Sur "Neues Lans", la guitare soliste réverbérée semble encore lointaine, comme si elle était restée en dehors de notre atmosphère, mais amorce l'approche d'un aspect mélodique qui prendra peu à peu une place plus importante au fil de l'album. "Trümmer" laisse l'espace de quelques instants la basse prendre une liberté mélodique, s'échappant de son rôle de soutien aux fondations rythmiques des morceaux. La mélodie gagne encore un peu de terrain.

Malgré une ouverture orageuse, "Straight to the Ninth" agit comme une bouffée d'air en prenant le temps de poser une série d'arpèges épurés qui permet à l'auditeur de digérer les premières minutes de fureur. Pour la première fois de l'album, la mélodie passe au premier plan grâce à une base rythmique plus simple qui laisse la place à l'expression de la guitare lead. Après 2 minutes 30 de crescendos, les tremolos sont de retour, accompagné des hurlements de L. en alternance avec les thèmes de guitare. La seconde partie du morceau offre des sons clairs pour la première fois avec de simples arpèges de guitare sur lesquels viennent se greffer successivement une guitare saturé, puis une batterie épurée et un chant claire lointain. Une diversification musicale qui arrive à temps pour éviter une certaine répétition dans les sonorités de l'album. "To Walk With Giants" offre également sa dose de diversité, alternant entre passages mid tempo et trémolos endiablés qui créent une nappe sonore sur laquelle L. déclame ses paroles.

Sur "Into infinite", une nouvelle série d'arpèges en clair permettent de reprendre son souffle après un "Im Aufwärtsfall" intense. L'entrée rapide de la guitare saturée après quelques secondes n'indique pourtant pas un retour immédiat à la violence. Ce morceau de moins de trois minutes, qui cohabite avec les autres longues compositions de l'album (rarement sous la barre des 5 minutes), agit comme une transition entièrement instrumentale vers la seconde partie de l'album.

"From Ashes All Blooms" offre 6 minutes où la mélodie se fait plus présente et moins noyée sous les tremolos. C'est aussi l'occasion de mettre en avant les chœurs qui enrichissent à merveille ce morceaux et empêche la redondance des ostinatos répétés. Malgré des thèmes épurés et longuement répétés, la structure du morceau passant fréquemment de mid tempo à riffs plus incisif empêche la lassitude de s'installer.

L'espace des premières secondes de "The Starless Dark, ce sont encore une fois les guitares claires qui introduisent le morceaux, mais le répit est de courte durée car la masse sonore des trémolos et des blasts prennent rapidement le dessus sur les frêles arpèges. Cependant, après une minute de fureur, les sonorités claires et épurés reprennent leurs droits l'espace d'un instant, une nouvelle période de calme avant le retour de la tempête, qui s’installe cette fois pour de bon durant le reste du morceau.

"A distant Reflection to the void", morceau conclusif de l'album, nous emporte avec son thème d'ouverture vers l'univers de Paradise Lost, rapidement recouvert de trémolos nous ramenant dans le droit chemin : le Black Metal Mélodique avec des riffs plus froids et proche des formes de Black "traditionnelles" reprend toute sa place. La seconde partie du titre continue, vers la cinquième minute, par un soli de guitare que je perçois comme une référence ralentie au titre "Summer" de Nargaroth (intentionnelle ou non) avec une dimension plus épique dans le choix de l'évolution harmonique du thème. Cette référence marque une césure dans le morceau, car directement suivie d'une longue partie conclusive bien plus proche d'un univers atmosphérique que ne l'a été le reste de l'album. Une très belle manière de nous ramener au sens du titre de l'album - et du titre - "Une lointaine réflexion sur le vide".

Si on prend cet album dans sa globalité et qu'on le place aux côtés du premier opus (déjà excellent) de Hallig, on observe une véritable maturité dans le travail des morceaux. L'aspect mélodique est mis encore plus en avant dans A Distant Reflection of the Void au détriment du Black Metal plus "traditionnel" proposé dans 13 Keys to Lunacy. De plus, on ressent une évolution dans la richesse et le travail autour de la finition des titres du dernier opus. 

Après un premier album qui posait les bases de ce qu'est Hallig, ce nouvel opus démontre un véritable travail pour proposer une oeuvre plus riche et mature. Nul doute que ce combo saura perfectionner le travail déjà irréprochable qu'il nous offre ici avec A Distant Reflection of the Void. Un album à posséder, et à ranger aux côtés des meilleurs crus de Dissection, Uada ou autres Windir.
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W.G.

Hallig

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