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Chronique | ISGALDER - To The Hall Of The Stars (EP, 2018)


ISGALDER - To The Hall Of The Stars (EP, 2018)

Tracklist :

1. The Ravendale
2. Elder Wisdom
3. Soaring Mountains
4. The Ravendale (alternate version)
5. Elder Wisdom (alternate version)
6. Soaring Mountains (alternate version)

Streaming intégral :
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Loin de nos villes ultra-modernes, loin de nos religions nouvelles, prenez le temps de le remonter.

Il y a presque deux mille ans de ça, le territoire que l’on nomme aujourd’hui Allemagne se faisait christianiser, perdant ainsi ses cultures païennes et ce dès 325 après JC. Ces cultures qui, au travers des siècles, vécurent des hauts et des bas notamment avec l’Eglise sont aujourd’hui de plus en plus redécouvertes et parfois même réutilisées afin de les faire coïncider avec des idéaux politiques. Oublions tout ceci un instant.

Plongeons-nous dans un univers qui est bien loin de tout ce que nous connaissons aujourd’hui. Choisissons comme bande son Isgalder, le groupe Allemand sera notre ménestrel. Pouvez-vous voir ce peuple ? Ces guerriers en partance pour une destination encore inconnue ? Défendre leur territoire, tel est leur crédo. Dans un premier temps, les Anciens leurs adressent quelques recommandations, des paroles de sagesse qu’ils seront à même, il faut espérer, de les déchiffrer lors de leur long voyage. Ils réfléchiront ces guerriers, et peut-être même trouveront ils un sens à ces quelques mots. Sur le chemin, ils croiseront de beaux pics enneigés. Ils ne resteront pas purs longtemps, une seule goutte de sang pourrait les entacher de leur blancheur intacte.

Notre ménestrel tourne en rond. Seulement trois pièces à présenter, c’est un peu léger, même s’il peut les modifier selon les personnes qu’il rencontre, les peuples qu’il croise, la cour où il se rend. Pourtant, il ne les maîtrise que peu ces pièces. Tout ce qui est mesuré rythmiquement est bancal, on croirait le voir courir après une temporalité qu’il n’arrive pas à voir. Cette infirmité rythmique gêne le plaisir de ce spectacle qu’est cette froide incantation…

Peut-être réside-t-il ici l’élément le plus divertissant : ménestrel ou simple bouffon ?

Au fil des écoutes, cette interprétation disparaît peu à peu au profit d’une autre plus solitaire. Le côté épique de l’œuvre qui m’a d’abord conduit vers des chemins guerriers semble m’orienter vers une vision différente de l’ensemble. Mon imagination prend le relais : serait-il possible d’y voir un exil voulu et solitaire au lieu de combats sanglants ? Plus je m’enfonce dans l’écoute et plus je me rends compte que les rythmes lents et lourds que je prenais pour des marches vers la mort deviennent comme des ballades contemplatives de la nature alentour. Au contraire, ces rythmes plus rapides où les guitares usent et abusent de tremolo-picking me faisaient penser à des charges contre l’ennemi, pourtant, maintenant, cette même contemplation revient à chaque fois que ces guitares retentissent. Un synthé vient parfois renforcer cette idée de contemplation, de regards admirateurs de la nature, un synthé aux sonorités très « Burzumesque » d’ailleurs.

Quelque chose me chagrine tout de même. Ce voyage solitaire que le groupe dépeint (et ce n’est pas mon interprétation ici) n’a pas ce côté atmosphérique qui aurait rendu la chose encore plus belle, plus réelle. Le riffing est d’ailleurs parfois hors-sujet, ce dernier ne collant pas toujours à la thématique dépeinte : on se retrouve avec du blast moyennement bien amené qui ne sublime pas l’ambiance mais qui, au contraire, provoque une cassure. Ces patterns arrivant bien souvent sur des climax musicaux ont pour effet de rendre ces moments presque orgasmiques en passages seulement puissant, voire quelques fois banaux.

Que ce soit dans un univers d’épées s’entrechoquant ou d’exil solitaire, To The Hall Of The Stars englobe l’auditeur et le plonge où il veut bien aller. On aurait pu être encore plus en immersion si le travail compositionnel avait été cohérent en tout point, mais même avec ce constat le résultat est louable et empli de bonne volonté qui nous pousse à aimer découvrir et/ou redécouvrir de nouveaux horizons.
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Maximilien

Isgarlder :

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Tracklist :

01. Enn átti Loki fleiri börn - 01:23
02. Rún - 02:40
03. Valfreyjudrápa - 03:06
04. Níu - 03:05
05. Flúga - 02:32
06. Gleipnir - 04:07
07. Krákumál - 03:20
08. Ó Valhalla - 03:35
09. Ec man iötna - 01:59
10. Yggdrasill - 03:34
11. Ódinn - 03:08
12. Ginnunga - 04:08
13. Jóga - 03:34

Extrait à écouter :


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