Chronique | The Vyllies – 1983-1988 (Compilation, 2013)



The Vyllies – 1983-1988 (Compilation, 2013)

Tracklist :

CD1

« The Vyllies EP »

1 – Purple Gorilla   3:34
2 – Whispers In... The Shadow   4:06
3 – Madness   1:55
4 – Babylon   3:19
5 – Rare   5:06

« Velvet Tales EP »

6 – Ahia   4:27
7 – The Sky Is Full Of Stitches   4:16
8 – Agrainir   3:34
9 – Exquisite Carcass   3:41

« Lilith »

10 – Whispers In The Shadow   4:46
11 – Seventh Heaven   5:03
12 – Bad Trip   3:15
13 – The Food Prayer   4:18
14 – La Nuit Des Vyllies   4:09

CD2

« Lilith »

1 – Give Me A Name   4:25
2 – Beautiful Deseases   2:14
3 – The Black Raven   5:10
4 – Desire (Repetition Desperation)   2:59
5 – La Nuit Des Vyllies (Instrumental)   3:07

« Sacred Games »

6 – Now We Fall   4:06
7 – Playing In The Sand   4:04
8 – Silver Promises (The Bride's Trousseau)   4:22
9 – The Amazon Archer   3:33
10 – The Souls With Doors   3:53
11 – Mary's Room   3:41
12 – Can You Hear The Witches Laugh ?   4:28
13 – Is It ?   3:17
14 – Spiral House   3:54
15 – Now We Fall (Single Edit)   3:25

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The Vyllies. Voilà un groupe qui ne dira pas grand-chose à la plupart d'entre vous. Mais si vous êtes féru de post-punk ou même simple curieux voulant découvrir ce que je considère comme une pépite de la musique sombre, alors je vous invite à plonger tête baissée dans cet article.


Je vous préviens tout de suite, cette chronique va avoir un goût assez particulier. En effet, il s'agit premièrement d'analyser non pas un album, EP ou split, mais une compilation. D'autre part cette chronique va s'apparenter à un article rétrospectif sur la carrière d'un groupe trop méconnu, puisque cette compilation « 1983-1988 » regroupe toute la discographie de la formation. Troisième raison de la particularité de cette chronique, il s'agit d'un groupe nous venant tout droit de Suisse, mais ce n'est pas tout, il s'agit aussi d'une formation uniquement féminine, ce qui est assez rare pour le noter. Quatre raisons qui m'ont souvent fait repousser cette chronique, ne sachant pas vraiment par quel bout la prendre. Alors on ne va pas trop se casser la tête, on va analyser le tout, titre par titre, album par album afin de comprendre l'évolution du groupe.

Mais qui se cache en réalité derrière The Vyllies et quelle musique nous proposent ses membres ? Au chant et aux percussions nous avons Manù Moan, Ilona Prism à la basse. L'électronique, boite à rythmes et synthétiseur sont l'apanage d'Ursula Nun. The Vyllies c'est une histoire intéressante que j'ai découverte au détour d'un chemin, perdu sur la toile du cyberespace.  Les trois femmes se sont rencontrées à l'Université de Lausanne. Durant l'été 1983, elles vont en Grèce pour les vacances où elles y font la rencontre du leader du groupe Yell-O-Yell, Fill Scars, actif sur le label Creep Records, qui les dirige vers Babis Dalidis, propriétaire dudit label. En résulte leur premier EP.

The Vyllies c'est un post-punk aux forts accents batcave, évoluant progressivement vers une douce coldwave, finissant sur un heavenly voices sucré et obscure. Voilà ce que je dirais de la musique des suissesses si on me demandait de résumer. Le groupe n'a eu que cinq ans d'existence mais a quand même su livrer en deux albums et deux EP, une musique romantique, sombre, élégante, un condensé de ce qui se faisait de plus mélancolique en post-punk dans des années ou ce dernier était surtout porté par le goth rock et toute la vague synthpop. The Vyllies annonçait la darkwave, cette vague sombre venue de l'est de l’Europe.

« 1983-1988 » est donc une compilation sortit sur le label Mital-U en 2013 et regroupe, comme je l'ai déjà spécifié, toute la discographie remastérisée de The Vyllies. Pour ce qui est de la pochette, je passerais très vite dessus. Il s'agit d'une photographie du groupe, en nuances de bleu. Pas de quoi fouetter un chat. Mais elle est intéressante pour permettre de se représenter les codes vestimentaires du mouvement à l'époque, et mis à part les cheveux crêpés, il n'y a pas beaucoup de changements avec l'époque actuelle. Quand je vous dis que la mode gothique, ça n'existe pas... Mais j'aurai l'occasion de revenir très prochainement là-dessus.




Premier disque, nous débutons l'écoute du tout premier EP de la formation, « The Vyllies » sorti en 1984 sur le label Creep Records. Et dont la pochette jaune et noir, et son visage dessiné à la va-vite nous jette d'entrée de jeu dans le bain.
Le premier titre « Purple Gorilla » nous met tout de suite dans l’ambiance des débuts du groupe, boite à rythmes minimaliste, synthétiseur qui l'est tout autant et une voix torturée avec moult déformations, poussée dans ses retranchements, un brin de Siouxsie dans la façon de l'utiliser. Un peu punk avec une énergie absente, on est pile dans les sonorités batcave, l'esthétique musicale  post-punk des débuts, les guitares en moins. Ça parle d'un gorille violet au cerveau humain qui court dans les rues, écrasant des voitures, brûlant des maisons, mangeant des enfants. Une métaphore de la condition humaine. Je vous avais prévenu que nous commencerions fort.

Un premier indice sur le tournant que prendra le groupe s'annonce avec « Whispers... In The Shadow », un titre tourmenté et minimaliste qui me donne toujours des frissons. Je ne m’étendrais pas davantage sur ce titre dont nous retrouverons une version plus travaillée par la suite. On continue donc notre périple avec « Madness ». Tout est dit dans le titre. « Madness est un cri de désespoir totalement dans la vague post-punk brute de décoffrage. Un titre court, hanté et assez dérangeant. Écouter « Madness » c'est un peu comme se promener dans un asile psychiatrique un soir de pleine lune.

« Babylon » nous parle de la chute de la tour qui l'a rendu célèbre. Toujours hanté, Manù Moan, utilise sa voix particulière pour insuffler quelque chose de quasi satanique au titre. En général, ça passe ou ça casse. À ce stade, la plupart des gens qui m'entoure ont déjà quitté la pièce en maugréant sur mes goûts si particuliers en matière de « ce que tu appelles de la musique ». Je n'en veux à personne de ne pas apprécier, il est vrai que c'est assez spécial, surtout quand on n'a pas une oreille préparée. On termine ce premier jet avec « Rare » qui a quelque chose d'hypnotique et de triste. On y parle de métronome, de papillon qui s'est approché trop près... On sent une certaine fatalité s'abattre. Personnellement j'ai toujours la gorge qui se noue à ce moment précis. En même temps je me suis toujours considéré comme un papillon piégé dans la toile du destin...







Il est temps de passer à autre chose. Nous quittons les rivages hantés de « The Vyllies » pour nous plonger dans ceux torturés de « Velvet Tales ». Ce deuxième EP est sorti en 1985 sur Out Of Tune Records. Changement d'ambiance sur la pochette bleutée avec cette magnifique photo des trois femmes du groupe, en robe de soirée. On sent que nous allons changer de direction.

« Ahia » est le premier titre. Une composition bien moins minimaliste que celles de l'EP précédant, avec des percussions plus travaillées et des synthétiseurs plus appuyés. Ce qui me frappe sur « Ahia » c'est ce chœur entonné par Ilona Prism, qui donne toute sa puissance au titre. On a l'impression d'assister à une danse païenne rituelle et mystique. On y parle de sphinx, de rideau de velours rouge et de sable du temps. The Vyllies montre ainsi leur vrai visage, celle d'un coven de sorcières. « Ahia » est l'un de mes titres préférés.

Passons à « The Sky Is Full Of Stitches ». Les premières paroles sont en français et sont noyées dans une brume d'échos, des cloches sonnent. Ça parle de filles en robe de noce... Cela n'annonce rien de bon. Musicalement cette piste confirme ce que je disais sur « Ahia » on se rend compte que le travail apporté sur les compositions est bien plus important. Plus de réverbérations, une voix un peu moins criarde, des synthétiseurs plus marqués.

Viens alors un tournant important avec « Agrainir ». L'instrumentation arrive au premier plan et change du tout au tout avec des instruments de type musique classique. Je n'ai pas l'oreille assez musicale pour déterminer de quoi il s'agit, veuillez me pardonner. Les paroles passent totalement au second plan tant et si bien que je n'avais jamais remarqué qu'elles étaient en français avant d’écrire cette chronique. Enfin, en français c'est vite dit vu la quantité de mot-valises dont le sens m’échappe parfois comme « Immobanalité », « Affreuctueuse » ou bien encore « Infertidélité ».  On garde la même instrumentation avec « Exquisite Carcass ». Il est question de Cabale, de capitulation des os et de la chair, de carcasses et de cerveaux putride. Je disais quoi à propos de sorcières moi ? Donc trois femmes attrayantes en robe de soirée. Vous vous approchez et « crac », en moins de temps qu'il faut pour le dire, vous avez passé le voile, vos restes mijotant à petit feu.






1985 toujours. The Vyllies sort son premier album sorti sur Out Of Tune Records et intitulé « Lilith ». Si vous aviez encore des doutes sur mes dires précédents, vous voilà fixé. Ici on vous dit directement la teneur de ce que vous allez écouter. Même la pochette ne laisse aucun doute avec cette femme coiffée d'une étrange structure voilée, perdue dans la brume.

« Whisper In The Shadow », le premier titre est, vous l'aurez deviné, une réinterprétation de « Whisper... in the Shadow ». Même composition, mieux travaillée, toujours minimaliste. Le chant est murmure et donne une impression étrange entre mélancolie, passion morte, ésotérisme. Il ne s'agit ni plus ni moins que du chant d'une sirène qui illustre parfaitement la pochette de l'album. Il existe un clip vidéo pour ce titre, allez-y jeter un œil et vous comprendrez. Le groupe tourne la tête de plus en plus vers les rivages de l'éthéreal et de l'heavenly. Et ce n'est pas « Seventh Heaven » qui me contredira. On n'est pas encore au niveau des Cocteau Twins, mais la frontière devient de plus en plus floue et ténue. Il y a quelque chose de physique dans ce titre, de sexuel, de magique, de rituel. « Men cannot perfect women, nor can women give rest to men ». Comprenne qui pourra.



Mais la transformation n'est pas pour tout de suite. The Vyllies a encore quelques tours dans sa manche. « Bad Trip » et son annonce SNCF, va nous faire voyager, et ça ne va pas être agréable pour notre âme. Du tout. À ce stade, je n'ai plus grand-chose à dire sur la musique qui est maintenant maîtrisée. La formation a trouvé son rythme de croisière. Rythme de croisière, train, voyage ? Ça sonnait comique dans ma tête mais passons à « The Food Prayer ».

Un synthétiseur agressif nous accueil et cette espèce de toy piano, donne une impression dérangeante, encore une fois me direz-vous. Cette fois c'est comme si nous étions dans une maison de poupée. C'est exactement le genre d'ambiance que nous retrouverons chez d'autres artistes comme chez Sopor Aeternus & The Ensemble Of Shadows ou Dead Can Dance. The Vyllies commence à piocher dans le dark ambient et s'oriente petit à petit vers la darkwave. « La Nuit des Vyllies » en est un parfait exemple, avec son ambiance de film d'horreur de la Hammer.

Fin du premier disque. « La Nuit Des Vyllies » est certes une très bonne conclusion pour cette première partie, mais je regrette que l'album « Lilith » soit coupé de la sorte sur deux disques, même si je comprends pourquoi. C'est un peu le bémol de cette compilation. Puisque nous y sommes, faisons une petite pause pour prendre le temps de parler du livret de vingt quatre pages qui accompagne la compilation. Je ne m'arrête jamais dessus dans mes chroniques, mais je tenais à en parler ici pour plusieurs raisons. Tout d'abord, toutes les paroles s'y trouvent, ce qui est déjà un plus quand on s'intéresse en profondeur à un groupe, surtout quand celui-ci nous livre un univers particulier comme celui de The Vyllies. Deuxièmement, s'y trouvent les pochettes des albums mais également moult photographies du groupe à des moments différents, même si elles ne sont pas toujours en grand format.

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Deuxième disque donc, et nous poursuivons notre voyage démoniaque avec la suite de « Lilith ». « Give Me A Name », aussi mélancolique que les titres précédants, possède tout de même un côté plus « pop » sur son refrain. Un signe pour le futur. « Give Me A Name » est toujours aussi ésotérique dans ces paroles. Quand on sait que posséder le nom de quelque chose c'est posséder un pouvoir sur cette chose, « Lilith » s'apparente de plus en plus à une leçon d'exorcisme ou de sorcellerie. Je ne compte même plus le nombre de fois que j'ai sorti ce mot depuis le début.

Le prochain titre qu'est « Beautiful Disease » embrasse totalement le tournant pris par le groupe, s'éloignant de plus en plus de ses racines batcave, se rapprochant de l'heavenly. Ces murmures, et cette harpe électronique, bon sang ! Je suis toujours happé par tant de mélancolie. « The Black Raven » commence vraiment comme un titre de Sopor Aeternus & The Ensemble Of Shadows, au point que lorsque j'ai ma playlist et mode aléatoire, je suis bien incapable de dire de quel artiste il s'agit. Bon, par la suite tout devient plus clair, surtout avec les cuivres et le chant.

« Desire (Repetition Desperation) » est, comme son nom l'indique, un titre traitant du désire, sur lequel les voix répètent en boucle « Desire », « Repetition », « Desperation ». Justement on désespère d'en apprendre plus, mais c'est le désir, et le désir est impalpable, non mesurable, indescriptible, c'est une torture. On espère en boucle, sans fin, et on se languit. Il s'agit du titre sur le sujet qui en dit le moins mais qui en signifie le plus. Ce morceau bien plus rythmé que le reste de l'album est comme un dernier sursaut avant la mort, qu'il s'agisse de la grande, comme de la petite.

On clôt cet album occulte par « La Nuit Des Vyllies (Instrumental) ». Rien de mieux pour donner le coup de grâce. Après l’écoute de « Lilith » on se sent totalement exsangue comme si nous venions de participer au sabbat. Une impression étrange nous tenaille les entrailles et un goût amer coule dans notre gorge. C'est l'adrénaline. On a l'impression d'avoir quitté notre monde le temps d'une quarantaine de minutes. Et maintenant on espère participer de nouveau aux jeux. Deux ans d'attente seront nécessaires avant que The Vyllies ne ressorte de sa tanière.







Les jeux reprennent donc en 1987. Et cette fois The Vyllies nous prévient, ces jeux-là seront sacrés. « Sacred Games », sorti sue Out Of Tune Records, nous livre neuf titres qui seront, malheureusement, le chant du cygne des suissesses. La pochette de l'album nous montre des baies/billes et des pétales de rose sur du tissu. On sent à nouveau qu'un changement s’opère.

Déconcertant, décontenançant, dé-tout ce que vous voulez. Voilà comment interpréter « Now We Fall », premier titre de ce nouvel opus. Serait-on en présence des anges ? On sent que les vagues new wave et synthpop sont passées par là en tout cas. Le titre est beaucoup plus léger que le reste de la discographie de la formation. Plus de voix criarde, ni de jeu dans celle-ci. The Vyllies nous livre ici quelque chose de plus « pop », plus dansant aussi. « Sacred Games » plaira plus à ceux qui sont allergiques au post-punk / darkwave, etc aux voix écorchées.

« Playing In The Sand » confirme se tournant. Mais The Vyllies reste The Vyllies. La mélancolie est là, les paroles sont toujours aussi torturées et on retrouve les mêmes instruments. En réalité une page s'est tournée, et une nouvelle porte s'ouvre. La musique torturée s'est faite planante, moins agressive, plus douce mais toujours aussi expressive, preuve en est « Silver Promises (The Bride's Trousseau) ».

Le tournant plus dansant se confirme également avec « The Amazon Archer », qui est l'une des deux pistes que je préfère sur cet album. Autant vous le dire tout de suite et faire le deuil de « Lilith ». Plus de sorcellerie, plus d'ambiances mortifères. On a exploré le bas, maintenant montons et explorons le haut. « Sacred Games » est non pas plus optimiste, mais plus positif dans sa façon d'appréhender la musique. Et quand je disais pas plus optimiste, écoutez « The Souls With The Doors » et osez dire le contraire. Cette chanson me file toujours la chair de poule, une larme coulant subrepticement le long de ma joue. Oui, vous pouvez vous dire que je suis faible ou fragile, je m'en contrefous. Je dirais plutôt que je suis très empathique. J'adore « Lilith » pour son ambiance nécrosée et atrabilaire. J'aime tout autant « Sacred Games » pour son ambiance hyperthymique, son spleen.

Musicalement, les nouveaux titres possèdent souvent un piano très présent. Des invités font également leur apparition sur l'album. Carlie Weibel à la batterie et Jörg Wechsler pour les choeurs sur « The Souls With The Doors », et Voco Fauxpas à la basse sur la piste suivante. Avec « Mary's Room », on remarque qu'il y a encore quelque part des réminiscences de la page que l'on vient de tourner. Celle-ci resurgit de plus belle sur « Can You Hear The Witches Laugh ? », ma piste préférée de l'album. Un titre qui n'aurait pas dépareillé sur « Lilith ». Ce titre donne envie de se jeter de nouveau à corps et à cœur perdu dans le frénétique sabbat. Et que dire de cette fin en forme de douze coups de minuit ?

« Is It ? » fait appel à un minimalisme perdu depuis le premier EP, la maîtrise en plus. Personnellement je trouve tout cela bien maîtrisé certes, mais avec un manque, non pas d'originalité, mais de prise de risque, comme si l'étincelle des débuts n'était devenu que pur éther. Remarque, j'ai bien dit que nous explorions le haut, le paradis, tout ça. Et puis « Is It ? » parle du vent, il est donc logique que tout cela soit très aérien.

Mais la réalité est plus compliquée et la discographie de The Vyllies pourrait s'apparenter à des poupées russes imbriquées les unes dans les autres. Cette image m'a été donné par la dernière piste « Spiral House ». « Lilith » était un cauchemar, « Sacred Games » est une rêverie. L'album se finit brutalement sur cette conclusion.

La compilation s’achève avec la version single de « Now We Fall ». Pas grand-chose à en dire de plus. 1988, The Vyllies se sépare. Nous n'aurons plus jamais droit au sabbat. Ces années auraient été définitivement perdu si le label Mital-U n'avait sorti cette compilation.




Alors que retenir de The Vyllies du coup ? Je pense avoir tout dit dans cette chronique, un peu longue je vous l'accorde, qui aura, je l'espère, donné envie à certains d'entre vous de découvrir, ré-découvrir le groupe, ou même de passer au-delà de la première impression, qui est rarement bonne je dois l'avouer. Partant de rien, avec une bonne dose d'assurance, les trois suissesses ont réussi à créer un groupe à l'identité forte. Partant d'un minimalisme forçant le respect, mélangée à un je-ne-sais-quoi d'explosif, la flamme entretenue par ces sibylles néoclassiques s'est élevée jusqu'au firmament de l'heavenly. Le pari était loin d'être gagné.

Deux facettes s'offrent à nous, bien que toutes les deux sombres, la mélancolie étant bien le fer de lance du groupe. D'une part « Lilith » ainsi que les deux premiers EP, se concentre sur l'aspect négatif, bizarre, moribond de ce sentiment. D'autre part « Sacred Games » se concentre sur son aspect créateur, moteur, et peut-être même cathartique. Les deux sont différentes et complémentaires. L'une ne pouvant aller sans l'autre. Une sorte de Janus musical.
Comme d'habitude, je ressens trop et par conséquent, je me pose trop de questions. Pour couper court à toute autre intrusion d'idée dans ma matière cervicale, je propose de replonger encore une fois dans le sabbat, je vous conseille de le faire également, quitte à détester. Il serait dommage de passer à côté d'une perle oubliée. Et si jamais ces sorcières post-punk réussissent à vous attraper, je suis persuadé que vous arriverez à entendre leur rire...

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Aladiah






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