16 avril 2012

Chronique | Obscurcis Romancia - "Theatre of Deception" : une nouvelle pièce de théâtre, emplie de Metal Noir


Obscurcis Romancia - "Theatre of Deception", 2012

Tracklist

1. Awakening In Spiritual Madness 
2. Beware The Moon 
3. Sanctuaire Damné 
4. Le Quatrième Acte 
5. Mournful Darkness 
6. From Within The Fire Of Eternity 
7. In Memoriam
8. Seasons of Infinite Sorrow


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Obscurcis Romancia est un groupe de Symphonic Black Death Metal originaire de Québec. Le groupe s'est formé en 1997 , ils ont depuis sorti une Démo en 2001, « Le Règne Du Seigneur de Perdition » puis un EP éponyme en 2003 et finalement leur premier album en 2012. « Theatre Of Deception » est donc sorti en ce début d'année en auto production. Le groupe s'inspire de la musique classique et de la poésie romantique du XIXeme Siécle pour leurs paroles jouant sur l'esprit mélancolique de cette période. L'album est composé de huit titres longs, ce qui le distingue déjà des groupes qui évoluent dans ce style.

'Awakening In Spiritual Madness' est le premier morceau de cette pièce, il débute sur des bruits d'ambiance tirés d'un parc d'attractions, puis pour contraster avec cet espace d'amusement on entend des croassements de corbeaux, un bruit languissant et stressant ne nous laissant rien présager de bon, ces cris se transforment petit à petit en hurlement de terreur. L'ambiance de l'album est posée. La musique débute avec une batterie rapide puis une guitare rapide et sombre. Un premier chant fait son apparition, perçant et strident, tel celui de la banshee qui perce notre âme et fait ressortir nos plus profondes peurs. Arrive un second chant plus profond et guttural, les deux chants vont commencer un dialogue qui sera le fil conducteur tout le long. Des périodes de calme sont présentes, avec une guitare douce et une voix en murmure, l'accalmie n'est que provisoire... La batterie enchaîne avec rien pour la couvrir on peut donc apprécier la grande technicité dont fait preuve le musicien, ce passage est soutenu par un clavier. Le morceau continue de changer de rythme, il devient plus rapide et introduit le retour de la première voix, la vitesse et cette voix ne font qu'accentuer l'angoisse produite. Les parties instrumentales sont composées d'une guitare mélodique rapide qui est elle aussi maitrisée et transmet sa puissance et son énergie, on peut apprécier celle-ci grâce au fait qu'elle ne joue pas sur le même rythme que le reste de l'instrumentation de cette manière elle se détache du reste. Le piano joue lui aussi sur un autre rythme, l'auditeur est submergé par la musique de toute part, elle ne laisse à l'auditeur aucun répit, le groupe nous fait entrer dans ses ténèbres musicaux. Les différents chants sont comme les acteurs d'une pièce de théâtre qui se joue au plus profond de nous.

Alors que le morceau se termine de façon complètement différente par rapport au premier le second débute, comme le précédent a terminé ce qui donne une certaine continuité dans le déroulement de l'album. 'Beware The Moon' débute de façon violente et comme précédemment avec une guitare sur un certain tempo et le reste de l'instrumentation sur une autre alors que le morceau est en pleine saturation musicale, il y a un Stop. Mais ce n'est que pour repartir encore plus rapidement avec le second chant guttural soutenu par le piano, le contraste entre le clair et le sombre est prenant. Puis entre en scène un nouveau protagoniste avec la voix stridente, les passages mélodiques sont de retour. Un Hurlement retenti puis fait place au guttural qui est soutenu par l'instrumentation rapide et puissante ne laissant là encore au spectateur aucun moyen d'échapper au drame théâtral qui se joue.
La voix stridente est de retour, débute ainsi l'affrontement vocal, qui ne fait qu'accentuer la violence de la musique. Nous sommes par la suite pris par un monologue de celle ci où nous pouvons apprécier toute la souffrance qu'elle communique. Le morceau se finit sur une longue plainte soutenue par un piano très mélancolique...

La suite de la pièce, 'Sanctuaire Damne' marque le retour de la voix languissante sur le début du morceau, qui est là encore la suite directe du précédent avec le piano. Le guttural plus clair prend le relai avec une nouvelle instrumentation plus puissante, un nouvel acte s'ouvre. Sur une musique mêlant le piano et l'instrumentation Metal, les mélodies se mêlent sans se mélanger, chaque instrument joue sur des rythmes différents ne nous permettant pas de nous poser lors de l'écoute, l'auditeur est vraiment pris à partie. Cette instrumentation change au fil des morceaux, mais également dans le morceau même faisant ainsi évoluer le récit. Chaque accalmie musicale n'est là que pour introduire et rendre plus importante l'arrivée des différentes voix. Chaque instrument soutient à un moment une des deux voix, de cette manière les impressions données changent.

'Le Quatrieme Acte' débute lui aussi avec un rapport au morceau précédent. Cette fois ci la guitare possède un son un peu plus Heavy, avec le piano qui suit le même rythme. Cette fois ci c'est la batterie qui se démarque du tempo principal. L'affrontement entre les deux voix est aussi de mise avec l'instrumentation qui prend partie, avec à chaque voix un tempo différent. Cet affrontement sature complètement le morceau , on ne sait plus où donner de la tête et on est pris dans cet affrontement musical. Il y a une pause dans le déroulement avec une guitare sèche puis une guitare mélodique, le piano et une batterie douce. On perçoit un hurlement, la violence reprend mais elle est seulement musicale. Ce n'est que la préparation d'une nouvelle étape pour le conflit. C'est au tour du chant guttural de prendre le devant de la scène. Les passages instrumentaux ponctuent cet Acte de façon stressante cela annonce le retour de la seconde voix. Après ce nouveau dénouement le morceau se finit entre envolées mélodiques et passages calmes ne laissant présager rien de bon dans le dénouement pour la suite de la pièce.

'Mournful Darkness' reprend ce mélange entre piano et Metal. Le duel reprend de plus belle, soutenu par une instrumentation qui sonne à l'unisson, puis le dialogue s'installe. Bien que l'instrumentation soit sur le même rythme elle varie entre puissance et calme. Le groupe nous montre ainsi qu'il a une parfaite maîtrise de ses instruments, autant dans l'affrontement que dans la synchronisation. De cette manière cela permet une fois encore de varier au sein même de l'album et ne nous permet pas de nous habituer à un son particulier, gardant ainsi l'auditeur captivé s'il veut saisir chaque nuance. Dans cette même idée nous retrouvons le jeu entre le contraste clair donné par le piano et la guitare face au sombre symbolisé par le chant ainsi que la batterie. Les passages instrumentaux ponctuent le morceau qui retourne vers la fin aux précédentes sonorités.

Ce sixième morceau intitulé, 'From Within The Fire Of Eternity' débute de façon originale puisque celui-ci commence sur le bruit d'une sirène de la seconde guerre mondiale. S'en suit une instrumentation qui joue sur un même tempo, sauf la guitare qui joue un riff languissant. Le dialogue reprend, avec le piano qui suit l'intonation de la voix alors que la guitare veut prendre le dessus. Dans la suite du morceau celle-ci y arrive ce qui nous fait passer sur un passage instrumental. Après ce passage la voix rentre de nouveau en scène, moins languissante, plus stridente alors que le guttural nous provient de sombres profondeurs. Quelques cris ponctuent le morceau, leur prolongement est assuré par l'instrumentation. Les voix n'accompagnent plus la musique, l'inverse s'est installé. Les voix se calquent sur les sonorités du morceau ce qui donne une grande variation musicale, de plus en plus importante à la musique avec cette voix qui devient un prolongement de celle-ci.

Une nouvelle scène commence avec 'In Memorian', sur un chant guttural puis sur le second. A cet instant le guttural et le piano fonctionnent en duo, il est là pour la soutenir. Lorsque l'un des chants s'arrête, avant que celui-ci se stoppe complètement le second chant commence et se superpose à celui-ci et lui offre une plus grande dimension. S'en suit une large longue partie de dialogue musical, la voix fait en fonction de la musique qui donne le tempo de l'action. Un rire est présent un instant puis après la musique part dans un élan de vitesse. La folie prend possession de la pièce.

Le morceau qui conclut cette pièce s'intitule 'Seasons Of Infinite Sorrow' l'intro du morceau est aussi rapide que le précédent. Les voix alternent les couplets, chaque fin de couplet voit la superposition à la fin des deux voix lorsque la fin est proche chacune d'elle veut prendre le dessus de l'autre.
La musique ne prend pas part au conflit elle joue ses mélodies de plus en plus rapidement et renforce cet effet d'échéance et de stress. La musique est marquée par des arrêts mais reprend de suite après, la fin est proche... Le morceau diminue d'intensité en laissant place à des bruits de vent ce qui marque la fin de cette pièce. Libre à nous d'interpréter la conclusion de ce duel aussi puissant et destructeur que le vent.

Obscurcis Romancia nous plonge musicalement dans un drame théâtral où deux voix nous offrent un duel de violence entre harmonie et dissonance, telle la tempête, soutenue par la mélancolie du piano, la tempête d'un esprit torturé. Ce tourbillon musical est donné par la saturation des sonorités , chaque instrument joue sur cette variation, entre harmonie et dissonance. Il faut plusieurs écoutes pour prendre conscience de tout ce que cet opus a à nous offrir. Nous prenons plaisir à faire de nouvelles découvertes à chaque écoute. Certains seront rebutés par cette recherche artistique alors que d'autre prendront plaisir à se plonger et se laissés emporter dans ce sombre monde musical.

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2 commentaires:

  1. AngPsy10:01

    Un album capable de donner véritablement vie à la musique. Un jeu perpétuel relevant du spectacle, en plus de la technicité des instruments à chaque instant. Des morceaux aussi paradoxaux que fous, on ne parviendrait à dire s'il se livre à combat lors de chacun des morceaux, ou bien s'ils ne font que s'harmoniser les uns vis-à-vis des autres. Bref, on ne cesse de se laisser emporter, surprendre, et envouter par cette impressionnante expérience.
    Critique impressionnante, et très juste pour chacun des "actes" =) ! Chapeau !

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  2. Suportez Obscurcis Romancia:
    http://obscurcisromancia.ifmerch.com/fr/

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