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Chronique | MONOLITHE - Nebula Septem (album, 2018)


Monolithe - Nebula Septem (album, 2018)

Tracklist :

1. Anechoic Aberration
2. Burst In The Event Horizon
3. Coil Shaped Volutions
4. Delta Scuti
5. Engineering The Rip
6. Fathom The Deep 
7. Gravity Flood

Streaming intégral :

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Voilà maintenant 15 années que Monolithe a sorti son premier long format, et 15 ans que le groupe reste attaché aux nombres. Sur leur quatre premiers albums le nom du groupe était suivi du chiffre correspondant : I, II, III et IV. Mais en 2015 le groupe a fait évoluer son concept avec le cinquième opus de leur carrière, marqué par le choix du titre Epsilon Aurigae, Epsilon correspondant à la cinquième lettre de l'alphabet grec. Paradoxalement, c'est à partir de cet opus que le groupe abandonne le concept de morceau unique dans leurs albums au profit de trois morceaux de 15 minutes précises. Ce concept est reproduit dans leur sixième album Zeta Reticuli (Zeta étant la sixième lettre de l'alphabet grec) avant d'être une nouvelle fois déconstruit. Et c'est alors qu'arrive Nebula Septem.

"Le nombre sept par ses vertus cachées maintient dans l’être toutes choses ; il dispense vie et mouvement ; il influence jusqu’aux êtres célestes." _ Hippocrate.

Nebula Septem est donc le septième long-format de Monolithe. Dans cet opus, le groupe a choisi de développer plus encore sa relation avec le monde des chiffres : sept musiciens, sept morceaux de sept minutes chacun, composés dans les sept tons. Le septete a décidé de nommer chacun des morceaux en débutant par les sept premières lettres de l'alphabet, à l'image de ce que fait Morbid Angel avec sa discographie mais en allant encore plus loin dans le concept : Les lettres A, B, C, D, E, F, G correspondent respectivement à la notation anglo-saxonne des notes La, Si, Do, Ré, Mi, Fa, et Sol. Ainsi, chaque morceau de Nebula Septem est composé dans la tonalité indiquée par la première lettre du titre.

Ce n'est pas tout : l'album a été révélé le 26 janvier 2018 et correspond, dans le calendrier républicain français, au septième jour du mois de pluviôse. Le calendrier républicain débute son cycle annuel au 22 septembre de notre calendrier usuel et a été instauré pendant la révolution française avec pour date de référence le jour de la proclamation de la République, le 22 septembre 1792. Rien n'indique que ce soit une volonté du groupe tant cette donnée est assez lointaine des usages contemporains, ceci étant, ce paramètre vient renforcer la cohérence conceptuelle de cet opus.

Si on se penche plus précisément sur les musiques, "Anechoic Aberration" est ainsi composé dans la tonalité de la, la étant considérée comme la note de référence dans le domaine musical. En effet, elle sert de base d'accordage pour la majorité des instruments et il ne serait pas surprenant que le choix du groupe d'entamer dans cette tonalité ne soit pas simplement lié au fait que A soit première lettre de l'alphabet. Par ailleurs, le tempo général de la musique gravite autour de 77 battements par minutes (ayant effectué le test à main levé, je ne peux affirmer que le tempo exact correspond à cette valeur), accentuant par la même occasion le concept autour du chiffre 7.

Quoi qu'il en soit, Monolithe reste fidèle au Doom Metal tinté de sonorités Death Mélodiques audibles dans les soli de guitare. Les intervalles dissonants sont communs et jouent avec les attentes de l'auditeur en matière d'évolution harmonique. Fidèle à leur style conceptuel, la musique de Monolithe arbore une forte identité progressive dans le travail de composition. 

Par l'utilisation de soli de guitare réverbérés et de nappes sonores aux claviers, le groupe nous fait voyager aux confins de l'univers, toujours fidèle à la thématique extra-terrestre récurrente dans leurs productions. 

L'univers est d'ailleurs traité dans le second titre "Burst in the event horizon". Ici, le groupe parle de l'un des phénomènes les plus fascinants et méconnus de l'univers, le trou noir, évoqué en ces termes, "cyclopean obscenity" (obscénité cyclopéenne). Ce titre évoque le voyage au travers de cette force du cosmos, à bord d'un navire au bord de l'implosion, dans un voyage sans retour ("Embarked to a point of no return"). 

Après un "Coil Shaped Volutions" en tonalité de do, nous passons à présent sur "Delta Scuti", placé en quatrième place dans l'album, tout comme l'est la lettre delta dans l'alphabet grec. Delta Scuti désigne une forme astrale "qui présente des variations de luminosité en raison de pulsations radiales et non-radiales de la surface de l'étoile" (merci Wikipedia). Plus précisément, une étoile en particulier, présente dans la constellation de l'Ecu de Sobieski, porte ce nom. Elle est considérée comme le prototype des étoiles variables.

Vous l'aurez compris, l'ensemble de l'opus tourne autour du cosmos et des phénomènes de l'univers. En ce sens la mise en musique est importante : les atmosphères lourdes et pesantes sont marquées par des accords graves plaqués et répétés sur des tempi lents. La batterie est majoritairement présente pour accentuer les temps forts, contribuant ainsi à appuyer les accords. Au dessus de cela, les mélodies de guitares et les nappes de synthétiseurs se développent et cheminent au fil du temps, représentation d'un voyageur qui navigue dans cet univers infini. Au dessus de cette matière sonore, Sébastien Pierre gronde avec un timbre de voix parfaitement en accord avec l’instrumental, nous contant l'histoire des êtres célestes et aux difformités cosmiques.

Trêve de décorticage, qu'en est-il d'un point de vue de simple auditeur ?

Force est de constater que le concept Monolithe n'a pas besoin d'être compris pour être ressenti. D'un bout à l'autre de l'album, nous sommes décollés de la surface de notre Terre pour un voyage dans une atmosphère pesante, parfois malaisante, avec pour seules guides les envolées mélodiques, et pour seul rappel de l'humain, la voix de Sébastien. Avant même de me pencher sur l'aspect théorique et musicologique de l'album, j'ai compris que je n'étais plus dans l’atmosphère confortable de notre planète bleue. Un voyage aux confins du néant dans une histoire en sept chapitres et un trajet qui se compte en années-lumières tout en gardant le corps bien ancré dans un fauteuil.

Avec Nebula Septem, Monolithe est au sommet de son art, en proposant encore une fois 49 minutes de recherches approfondies en matière de concept pour unifier cet album autour d'une entité, le chiffre sept nourri des histoires du cosmos. Le groupe nous livre un excellent opus qui se dresse au milieu de leur discographie comme la pièce maîtresse de leur art.
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W.G.

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