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Chronique | MOENEN OF XEZBETH - Ancient Spells of Darkness… (Album, 2018)


MOENEN OF XEZBETH - Ancient Spells of Darkness…  (album, 2018)

Tracklist:

01. Intro
02. Into the Black Mist
03. Oath of Malignancy
04. Pandemonial Curse
05. Ancient Spells of Darkness
06. Interlude
07. Obscured by Lunar Rites

Extrait :


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Comment définir le Black Metal de nos jours ? Sûrement par Internet et Facebook, avec la course à la renommée ou à celui connaît le plus de groupe obscurs ou de one-man bands hyper pourris mais TRVE…. Ou encore, sortir un album à la production insipide mais claire, car le son crade c’est de la merde, ne pas passer par la case demo car c’est pour les blaireaux etc… Là où avant on se concentrait sur les choses importantes, comme la musique, les paroles etc… où l’on prenait le risque d’acheter un CD sans l’avoir écouté avant. Avec des musiciens concentrés sur leur projet plutôt que sur le côté mercantile de la chose (qui a parlé de Batushka ?!). Pourquoi cette diatribe ? Tout simplement parce que ce premier album de Moenen of Xezbeth est l’exemple type de ce que doit être le Black Metal, c’est aussi simple que ça. Une musique qui n’est pas formatée, un son en adéquation avec les émotions ressenties lors de la composition.

Après avoir fait le buzz en 2017 dans la sphère underground (on ne parle pas de facebook là, soyons bien d’accord) avec leur première sortie Dawn of Morbid Sorcery, le groupe revient enfin avec son tout premier album Ancient Spells of Darkness… Une offrande qui parlera à beaucoup d’entre vous en les replongeant dans une époque révolue mais dans laquelle nous avons pu grandir, une époque où la qualité d’une sortie se jugeait à ce qu’elle était, sa musique et son atmosphère, non pas à son line-up, ni au son cristallin ni encore de par la qualité du label de chez qui elle sort.

Il est clair que cette sortie est un grand bol d’air frais dans ce monde sclérosé qu’est le Black Metal. Malgré le jeune âge de la formation, elle aura su d’emblée trouver une recette qui fait mouche, alliant parfaitement clavier atmosphérique (pas féérique comme les trucs moisis pour emo) et riffs acerbes, basiques mais ô combien malsain. Ce premier opus n’est rien d’autre en fait qu’une grande messe noire mise en valeur par une atmosphère poisseuse et lugubre. Le tout est transcendé par ces nappes de claviers qui ne sont là que pour permettre à l’auditeur de se plonger dans un monde occulte. D’autant plus que le chant tient une place prépondérante, de manière paradoxale puisqu’il n’est là que de manière parcimonieuse, laissant la musique parler d’elle-même. Chaque hymne scandé par le nécromancien derrière Moenen of Xezbeth trouve parfaitement sa place, n’abusant pas de cet artifice, préférant laisser parler l’énergie dégagée par chacune de ses chansons plutôt que de les polluer en prenant une place qui ferait perdre toute magie à cet opus.

A chaque écoute de cet album, je me suis retrouvé projeté dans les années 90, avec notamment les groupes de la scène grecque de l’époque tel Varathron ou bien encore en Suisse avec Samael notamment grâce à son côté basique, qui en aucun cas n’est un terme péjoratif, bien au contraire permettant d’assimiler parfaitement chaque verset de cette messe occulte. D’autant que la batterie, tant par ses rythmes que par le son qu’elle dégage, nous donne l’impression d’assister à un sabbat, ce qui est en adéquation parfaite avec ce que le groupe tente de nous faire vivre. Chacun de ces sept hymnes forment une unité délivrant une osmose parfaite, notamment à travers la coupure provoquée par cette interlude tout simplement magique et magnifique qui apparaît tout juste avant la dernière piste, nous permettant de nous ressourcer avant un final grandiose. Une fin encore plus lourde que ce que le groupe nous avait proposé jusqu’à présent, avec un chant prenant une place plus importante que sur les pistes précédentes, offrant une fin en apothéose.

Il est devenu rare de nos jours de pouvoir être transporté autant qu'avec Moenen of Xezbeth, qui avec sa démarche de nous offrir un Black Metal Old School réussie son pari. Ne jouant pas des réseaux sociaux, ne cherchant pas à se montrer partout et à tout va, le groupe ne se concentre que sur un point, son Art. Tout est épuré sans pour autant offrir un produit de mauvaise facture, comme quoi la modernité n’est pas une nécessité pour retranscrire des émotions prenantes et profondes. D’autant plus que le groupe a sa patte personnelle, qui nous permet de le reconnaître dès les premiers instants, tant dans ses riffs et ses claviers que dans son chant. Les guitares au son gras et lourd accompagnées de notes de claviers en symbiose parfaite et du chant démoniaque suivant le rythme des tambours de l’enfer sont des éléments marquants. Je réitère, ces points sont primordiaux à la réussite du groupe, ils nous permettent de nous plonger sans modération dans l’univers du groupe qui malgré sa simplicité, reste riche. Riche dans les émotions, car au final le Black Metal reste un univers sujet aux émotions et aux idéaux philosophiques et spirituels. Et lorsque l’on écoute ce premier album du groupe, c’est exactement le ressenti que l’on peut découvrir, des émotions sombres et une idéologie sincère, notamment quand on connait un peu mieux le groupe en s’y intéressant de plus près. Il est clair que l’on peut dire que le nom de l’album retranscrit parfaitement le but que le groupe s’était alloué de procurer à travers cette offrande.

En fait il faut concevoir cet album comme un rituel, se plonger seul dans le noir, se laisser subjuguer par le charme mystique et occulte qui peut se dégager d’Ancient Spells of Darkness… et se laisser transporter dans un univers dépourvu de toute forme de lumière. Tout dans cette sortie nous rappellera les années 90 (le truc que les Jean-Kevin ne connaissent pas mais dont ils parlent comme si ils y avaient grandis…), que ce soit la production, l’artwork mais aussi les compositions. Un retour salvateur à une époque où le terme Black Metal représentait encore une idéologie sans que ce terme ne soit devenu une grossièreté. Et je parle bien d’écouter le format physique, pas le lien moisi de youtube, afin de pouvoir offrir une synergie complète à la découverte de cet univers. Ici on ne parle pas d’originalité, bien que ce terme ne soit pas un gros mot quand on l’associe au Black Metal à mes yeux, même si il est souvent galvaudé pour permettre à quelques crétins d’étaler leur science et leur savoir d’un univers que ni ils ne connaissent ni ils ne comprennent. On parle d’un retour aux sources, nous rappelant une époque dorée, je sais ça peut paraître vieux con, mais je pense que beaucoup comprendront le pourquoi du comment de cette conclusion et se retrouveront corps et âmes dans cette offrande merveilleuse.

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KhxS


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Tracklist :

01. Vardlokk
02. Skald
03. Ein sat hun uti
04. Voluspá (skaldic version)
05. Fehu (skaldic version)
06. Vindavla
07. Ormagardskvedi
08. Gravbakkjen
09. Sonatorrek
10. Helvegen (skaldic version)