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Chronique | ASCENSION - Under Ether (album, 2018)


Ascension - Under Ether (Album, 2018)

Tracklist:

01. Garmonbozia
02. Ever Staring Eyes
03. Dreaming in Death
04. Ecclesia
05. Pulsating Nought
06. Thalassophobia
07. Stars To Dust
08. Vela Dare

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Ascension, un nom qui parlera à tous les fans de Black Metal. Il aura marqué l’underground à travers ses débuts remarqués avec sa première demo With Burning Tongues qui aura eu un gros impact au moment de sa sortie. L’année suivante le groupe remettait le couvert avec son fantastique premier album Consolamentum qui deviendra une des pierres angulaires du Black Metal, montrant tout le talent dont le groupe était capable et permettant de laisser son empreinte musicale avec ses riffs incomparables. Vint ensuite le temps de la confirmation avec son nouvel album The Dead of the World qui m’aura laissé un certain goût amer, comme si le groupe n’avait pas donné la pleine mesure de son talent. En apportant une certaine évolution vis-à-vis de ses travaux antérieurs et  grand bien lui en a fait, évitant ainsi de se parodier, il manque pourtant quelque chose pour que le test soit totalement concluant. Le groupe sort un album sur le rythme de tous les quatre ans, au tour maintenant de Under Ether de voir le jour.  C’est sur cette nouvelle sortie que va se concentrer cette chronique afin de voir si cet opus succédera de manière plus convaincante que son prédécesseur en réussissant à me convaincre que la direction dans laquelle le groupe veut emmener sa musique était la bonne, pour voir si ce petit sentiment d’amertume s’en est allé.


Débutant sur une intro qui ne sera pas sans rappeler le dernier Secrets of the Moon tant dans son jeu que dans sa sonorité, force est de constater que d’emblée le groupe a piqué ma curiosité avec une piste qui débute par une ambiance mélancolique pour petit à petit instaurer un climat plus pernicieux qui ne sera autre qu’une mise en bouche pour le premier titre, amenant de manière parfaite la transition.

La surprise que cette intro a fait naître s’estompe très rapidement, laissant place à un univers dont les structures sont celles qui définissent le plus parfaitement Ascension, c’est-à-dire le Black Metal. Il est impossible, dès les premiers accords, de ne pas reconnaitre la griffe du groupe, chose devenue relativement rare, montrant la maturité dont fait preuve Ascension. En ayant instauré une empreinte personnelle à son art, il prouve que lorsque l’on se donne la peine le travail porte ses fruits. Là où The Dead of the World ne m’avait pas convaincu Under Ether lui, d’emblée, dès la première écoute, m’a imprégné de sa patte. Le groupe s'est éloigné de ce qu’offrait leur premier album qui était une pièce animée de furie, une première œuvre qui se voulait expiatoire ; le second était un essai manqué à mes yeux pour passer à un stade supérieur, délaissant cette rage pour tenter d’instaurer un climat plus austère. Et c’est justement ce que fait ce nouvel opus, il instaure un climat plus spirituel à travers ses riffs incisifs et dissonants propres au groupe qui à chaque fois qu’on les entend nous donnent des frissons car l’on sait que l’on va être entrainé dans un tourbillon malsain et possédé. Il en découle une musique cathartique et hypnotique. Ces envolées de guitares sont toujours un orgasme pour l’auditeur. Ce qui m’aura aussi sauté à l’oreille sur ces multiples écoutes, c’est aussi le jeu du batteur qui nous délivre là une performance de haute qualité. Rare sont les albums qui me marquent de par cet élément, car trop souvent, tant la production que le jeu ne permettent pas de mettre correctement cette composante en valeur, mais de ce point de vue, Ascension a réussi un coup de maître.


Même si comme je l’ai dit plus haut, on reconnait la patte Ascension tout du long de l’écoute, il est impossible de s’en lasser car la maturité atteinte sur Under Ether est incroyable, même les parties qui en temps normal tendraient à me déplaire comme le début de ‘Pulsating Nought’ ou ‘Stars to Dust’ font mouche, et ce n’est pas dit avec subjectivité, car je reconnais aisément que leur précédent effort me laisse de marbre. Là, au-delà du riffing, c’est la structure complète de la chanson qui me touche, la simplicité de certains riffs et l’accentuation de ceux-ci à travers des boucles qui offrent à leur musique une énergie incroyable. Il ne sert à rien de faire une course à la technicité. Attention, je ne dis aucunement que le groupe ne sait pas jouer ni qu’il offre une musique basique. Juste qu'il apporte un équilibre entre une violence opaque et une simplicité éthérée.

L’homogénéité est le maître mot de cet album, même si les titres ‘Thalassophia’ et ‘Vela Dare’ me rappellent irrémédiablement Consolamentum de par leur violence, toujours accompagnée de ces riffs lancinants et subjuguants transcendés par des passages plus "atmosphériques". Ils marquent une certaine coupure avec le reste de l’album mais s’imbriquent parfaitement dans Under Ether et ne dénaturent aucunement l’harmonie de celui-ci. ‘Vela Dare’ est un titre épique qui est d’ailleurs une parfaite conclusion à cette œuvre.


En parlant d’harmonie, ce que j’ai toujours aimé dans Ascension c’est l’utilisation du chant à bon escient, n’en abusant jamais et préférant laisser parler leur talent sans le corrompre par les vocaux, laissant ainsi la musique opérer et faire son œuvre. Il est à mes yeux primordial de laisser la composition faire son travail, sans avoir à surcharger avec quelque artifice que ce soit. Hypnotiques, menaçants et décharnés, les vocaux font œuvre de chef d’orchestre, se faisant discrets de par leur présence tout en restant essentiels au bon fonctionnement de cette œuvre. C’est certainement aussi pour ça que le groupe ne m’a jamais lassé.

A l’écoute de Under Ether on ne voit absolument pas le temps passer, je n’ai pas trouvé de faiblesse à celui-ci, tant dans le travail du groupe que dans la production qui offre une mise en avant impeccable du travail des musiciens. Le tout est valorisé par l’artwork réalisé par David Glomba, retranscrivant à la perfection l’univers et l’ambiance qui découle de Under Ether. Et chose peu commune, chaque nouvelle écoute nous fait découvrir de nouveaux éléments, mettant ainsi encore une fois l’accent sur le talent incomparable de ces musiciens. Occulte, immersif et transcendant de A à Z, Ascension aura réussi à créer une œuvre magistrale.
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KhxS



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