20 décembre 2017

Chronique | LOTH - Apocryphe (Album, 2017)


LOTH - Apocryphe (Album, 2017)

Tracklist :

Side A:
01. Douce dame jolie
02. Mourir à Metz
Side B:
03. Malmoth
04. Apocryphe

Extrait en écoute :

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Les sombres forêts enneigées ont laissé place à une dense et luxuriante forêt. Le duo de Black Metal atmosphérique français Loth est de retour avec un second album, Apocryphe via Specific Recording et Vendetta Records. Le duo nous fait quitter la cime des arbres pour nous plonger dans les secrets cachés et oubliés de la forêt, dans une forêt n'ayant jamais existé que dans les méditations de Loth.

Le temps n'a plus de mise sur le chemin qui se dessine sous nos pieds. La lisière de cet océan sylvestre est loin derrière nous quand commence à résonner les premières notes de cet apocryphe naturel. Loth nous fait oublier, il n'y a plus de destination, une musique lointaine nous parvient, 'Douce Dame Jolie'. Il ne s'agit pas d'une version Black Metal mais bien d'un interprétation médiévale fidèle à celle du XVIe siècle. Le duo a fait appel à un instrumentiste spécialisé dans la musique médiévale et à une chanteuse. Lointain est l'espoir, une douce mélancolie nous pénètre le cœur. Languissant, le morceau vient tourmenter nos souvenirs, nos blessures profondes.
Alors que les dernières notes médiévales s'étirent, elles laissent place à une guitare Black Metal saturée qui enchaîne avec violence. Il est l'heure de revenir au temps présent, il est temps de 'Mourir à Metz'. Si le doute était encore permis après un premier titre qui nous plonge dans les émotions les plus profondes et les plus noires de la souffrance... Ces souffrances qui ont guidé chaque homme depuis des siècles. Le morceau alterne entre moments de violence extérieure et introspection où la guitare sèche est d'un calme apparent alors que l'orage gronde.

Loth ne s'inscrit pas dans un registre Black Metal Dépressif et encore moins Suicidal même si les thèmes, les paroles et ce repli sur soi conviennent à ces genres. Il en ressort une haine primordiale, une haine nécessaire, pure. L’atmosphère est noire, le renoncement n'est pas une option. Loth est le mal, la souffrance, et il le sait. Mais le monde est souffrance, le monde est mauvais et il est nécessaire. Les titres s'enchaînent et l’enchaînent à cette souffrance. Les moments d'accalmie et de violence sont les têtes d'un être méphitique et bicéphale qui refuse de mourir et préfère apporter la mort, car la mort doit exister : autant que ce soit lui. Leur Black Metal se fait froid, contemplatif par moment, aux limites du Post-Black. Ils ne cherchent pas à bercer l'auditeur pour l’emmener sur le chemin de la souffrance, de la mélancolie ou tout autre émotion : leur Black Metal est mélancolique et haineux par essence, pas par choix. Rien n'est convenu, il n'y a pas de pacte, il y a juste une musique noire. Entre dans cette forêt verdoyante et onirique et découvre cette clairière à l’atmosphère délétère. Rien n'est éphémère, la musique qui s'éveille est atemporelle, entre Black Metal Old-School et moderne sans tomber dans le pathos ou une forme de démagogie musicale en s'inscrivant dans un courant quelconque. Lorsque l''Apocryphe' raisonne, que Loth est aux frontières de la dépression et du DSBM, l'auditeur est noyé dans ces secrets qui vous rongent et vous détruisent... Des notes de mellotron viennent couvrir le linceul.

Loth est la souffrance qui nous fait préférer la mort mais nous fait nous sentir vivant. Loin des canons du Black Metal moderne et Old-School, le duo joue sur le temps, entre moments rapides et accalmies angoissantes. Apocryphe retranscrit ces moments où le temps nous paraît long lorsque la souffrance est notre seule compagne et rapide lorsque qu'elle nous fait perdre la notion de réalité. Une ode emplie de fiel, viscérale, à la sincérité atroce.

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Morgan.



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