16 septembre 2017

Chronique | AU-DESSUS - "End Of Chapter" (album, 2017)


Au-Dessus - End Of Chapter (album, 2017)

Tracklist :

01. VI - 06:12
02. VII - 04:44
03. VIII - 05:28
04. IX - 07:26
05. X - 09:39
06. XI - 06:30
07. XII [End of chapter] - 06:36

Extrait en écoute :



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Souvenez-vous: en 2005, Mgła n'était qu'un projet de niche de la scène underground, nous ignorions tous qu'il deviendrait là tête de file d'une scène Black Metal à « capuche ». S'il est question dès cette introduction de Mgła alors que ça parle d'Au-Dessus, c'est à l'heure où ces mots sont écrits que le premier album des lituaniens, « End Of Chapter » sorti chez Les Acteurs de l'Ombre, tourne depuis plusieurs semaines, sans que mes idées où même un fragment d'analyse n'arrivent à s'y accrocher. Non pas que l'album soit mauvais, bien au contraire, disons le dès le début pour éviter de vous fourvoyer.

Le son fait penser à Mgla, il est question ici de son, non pas de composition. On retrouve un mixage et un mastering qui résonnent comme « Exercises In Futility », mais aussi à toute cette scène qui se veut mystérieuse. Au-Dessus joue sur une esthétique sonore typique de cette scène adoptant les codes à la fois visuels mais aussi sonores qui la représentent, à savoir un mixage et un mastering comme dit précédemment. Chacun de ces deux éléments pris à part ne créent pas cette impression, c’est véritablement la combinaison des deux qui donne une esthétique particulière mais aussi ce rappel intéressant lors de l'écoute, spécifiquement sur le titre 'VIII'. Pour bien comprendre cette idée d’esthétique sonore, nous pouvons faire un parallèle avec les années 1990 où les informations sur les groupes étaient distillées au compte goûte, et qu'un corpse paint suffisait à Mayhem ou Emperor pour être intriguant et mystérieux. Depuis Mgla, la tendance – car oui on peut bien parler de tendance ici – est de s’encapuchonner mais aussi d'avoir un son à la Mgla, comme on avait un son à la norvégienne.

Si je m’attarde dessus, c'est bien que ce son n'était pas présent sur le premier EP éponyme du groupe qui proposait alors un Black Metal / Post-Hardcore qui se détachait de The Great Old Ones, Regarde Les Hommes Tomber, Déluge etc... Le premier album d'Au-Dessus me pose un problème, entre l'attente que j'avais et la réception de celui-ci. Disons le clairement, la question qui se pose dès lors est : Pourquoi ? C'est cette question qui m'a permis de me mettre devant mon PC et de commencer à écrire. Au final, pourquoi ai-je autant de mal à mettre des mots sur un groupe où sur le papier tout semble "parfait"?

Commençons par l'artwork qui est une belle illustration (dans tous les sens du terme) du problème de « End Of Chapter ». Un portrait de fillette, ça commence à vous parler ? Mettez cette pochette en noir et blanc, rajoutez des taches de rousseur et vous avez une pochette de Celeste. Soit, je le concède, il y a deux pièces sur les yeux pour symboliser la mort. Pareil sans être pareil, hommage ou inspiration ? Ou même les deux, et c'est l'idée même de tout l'album. On "reconnaît" tout ce qui fait la scène Black / Post-Hardcore, les passages éthérés avec la voix lointaine et profonde comme sur 'X' qui combine cela avec des passages de guitare désincarnés. S'enchaîne un duo guitare répétitive versus guitare Post-Black sur fond de batterie lente et lourde aux ambiances qui rappellent sans difficulté un « Tekeli-li » de The Great Old Ones. Ces riffs, ces compositions dépouillées entre froideur et efficacité quasi chirurgicale nous viennent de la période « 777 » de Blut Aus Nord. Dans le même ordre d'idée, 'XI' avec un chant plus Black Metal qui là encore sonne "comme" Exile de Regarde Les Hommes Tomber en l’occurrence, avec un esprit Black Metal orthodoxe avec les chœurs derrière. On retrouve un caractère plus dépressif dans l'intonation du chant qui permet de dénoter un peu, de se détacher des ombres de la scène, des fulgurances bien trop rares qui donnent un aspect lisse et convenu à un album qui semble être taillé par et pour la scène Post-Hardcore / Black Metal.

Le nom en français reflète bien les inspirations principales des compositions d'Au-Dessus, mais le groupe à trop vouloir sonner « français » a oublié de sonner « Au-Dessus ». C'est ce qui fait que l'album va plaire, car il est construit et pensé selon des éléments et un son qui ont fait leurs preuves depuis quelques années déjà. Il plaira et marquera ceux qui commencent à découvrir cette scène Black Metal / Post-Hardcore et qui tomberont en premier sur Au-Dessus. Mais tiendra-t-il le temps, la distance et la comparaison au fil des années? « End Of Chapter » n'est-il pas au final le "simple" reflet d'une période du Black qui le fera sombrer dans l'oubli sitôt cette vague éculée ?

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Morgan



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