13 juillet 2017

Live Report | Misþyrming, Naðra, Vortex of End, Saqra's Cult à Paris



Le Pavillon Noir nous a récemment offert quelques dates d'exception concernant le Black Metal islandais qui bénéficie d'une "hype" phénoménale en ce moment. L'un des prodigieux bébés de cette scène  à la limite du cercle polaire arctique, je ne vous apprends rien, c'est Misþyrming, qui mérite d'ailleurs amplement son succès au vu de la bombe que représente leur premier album paru il y a déjà deux ans. C'est avec plaisir que j'attends leur set en tête d'affiche au Glazart, et non pas en support d'une formation telle que Mgła comme cela était le cas la dernière fois, en décembre 2015. En renfort de ce commando islandais, leurs compatriotes de Naðra qui ont l'essentiel de leur line-up en commun avec eux. Il s'agit d'une formation proposant un son assez singulier par rapport à nombre des formations de l'île qui surfent beaucoup sur la mode orthodoxe en vogue depuis déjà pas mal de temps. Vortex Of End, les seuls Français de cette date, sont une formation que j'ai l'habitude de voir se produire dans nos salles parisiennes, avec à chaque fois le sentiment d'avoir assisté à un véritable carnage m'emplissant d'une satisfaction malsaine. 


Saqra's Cult

Saqra's Cult sont quant à eux un groupe belge proposant une thématique inca qui attise ma curiosité de passionné d'histoire, en plus de proposer un Black Metal typé Troisième Vague. C'est par leur show que la soirée commence, et autant dire que j'ai été légèrement déçu de la performance proposée. Bien que leur premier album sorti cette année m'ait relativement enthousiasmé, je n'arrive pas à m'imprégner de leurs ambiances, m'attendant à quelque chose de plus original en terme de jeu de scène. Si la qualité musicale est au rendez-vous, avec un Black/Death Metal aux atmosphère occultes, parfois catchy, les thèmes incas pourtant abondamment mis en avant dans leur imagerie ne me paraissent que peu exploités par rapport à ce que j'imaginais de leur part, avec seulement quelques bougies, de l'encens, et une statuette. L'absence totale de costumes de scènes appropriés à l'ambiance nuit à une immersion efficace dans l'univers du groupe, et c'est un peu dommage au vu de la solidité du contenu musical que celui-ci propose.

Naðra

Après une pause à l'air libre dans la sympathique paillotte située dans l'enceinte du Glazart, on passe à la suite avec Naðra. Depuis leur première démo parue en 2014 et surtout leur premier album "Allir Vegir Til Glötunar" sorti en 2016, ces derniers sont devenus en l'espace de quelques années une formation reconnue de ce microcosme qu'est la scène Black Metal islandaise. C'est un concert extrêmement énergique que les musiciens proposent, à grands renforts de whisky généreusement partagé avec un public réceptif aux riffs épiques, bruts et belliqueux qui émanent de cette performance scénique frénétique, pour le moins rock'n'roll. Primaire, bestial et incisif, Naðra se démarque beaucoup d'autres groupes islandais au son beaucoup plus propre et dissonant comme la tête d'affiche de la soirée. On sent que les musiciens prennent du plaisir à se produire chez nous, et leur prestation se révèle adéquate au caractère direct de leur Black Metal qui sonne comme une bonne mise en bouche pour le massacre qui s'annonce alors que Vortex of End se prépare à donner le coup d'envoi de son set.


Vortex of End

C'est la quatrième fois que j'assiste à un concert de la formation parisienne, que je préfère en live que sur album maintenant que je connais bien les productions du groupe et la manière dont ils interprètent leurs morceaux. Vortex of End remporte la palme de la brutalité ce soir, sans l'ombre d'un doute et sans surprise. Les musiciens sont vraiment convaincants sur les planches du Glazart, malgré un son qui reste toujours aussi aléatoire dans cette salle pour les groupes qui s'y produisent. Si les Parisiens ne disposent pas d'un immense répertoire (deux albums, un split et un EP depuis 2007), ils le font vivre à la perfection et leur public ne s'en lasse pas, même les dévots les plus assidus.


Misþyrming

Sans plus de cérémonie, on passe au plat de résistance grâce à Misthyrming que j'attends de pied ferme, cerise sur le gâteau qui justifie bien les quinze euros du ticket d'entrée. Évidemment, je ne m'attends pas à percevoir toutes les subtilités de leurs riffs au vu de la qualité du son qui sied cependant bien à l'atmosphère voulue par Naðra. Néanmoins, la formation, en particulier sa figure de proue en la personne de D.G. - chant et guitare - communique son énergie, sa démence et ses états de transe à un parterre de fans enchantés par une prestation exaltante. Le regard de D.G., comme accaparé par un au-delà inaccessible au public, réussit à donner à ce spectacle une dimension hypnotique que je trouve très significative d'un point de vue esthétique. À la fois tourmentée et psychédélique, la musique de Misthyrming est à découvrir sur scène, c'est tout simplement un plaisir différent dont il serait dommage de se priver malgré les nombreux raffinements du CD qui passent à la trappe.

On remerciera PNA pour cette soirée haute en couleurs pour les arts sombres, impatients qu'on est de découvrir ce qu'ils nous réservent pour la rentrée!


T.

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