25 mai 2017

Chronique | CATACOMBES - "Le Démoniaque" (Album, 2017)


Catacombes - "Le Démoniaque" (Album, 2017)

Tracklist :

01. Introduction - 01:43
02. "Le Démoniaque" - 05:05
03. Arsouille Mes Couilles - 04:36
04. Mortel Bordel - 04:01
05. L'Antre Effroi - 06:05
06. Pompe Funèbre - 05:35
07. (Interlude) - 01:04
08. Bar-Tabasse - 03:53
09. Catin Crotin - 04:36
10. Croque Monsieur - 04:45
11. Bonnes Soeurs Terreur I - 05:17
12. Bonnes Soeurs Terreur II - 07:23

Extrait en écoute :


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Un sombre accordéon résonne, la ruelle est sombre et votre âme se vide sous cet air languissant et pénétrant. Votre corps n'est qu'une coquille inhabitée, sorti des catacombes, le démoniaque attendait ce moment pour vous plonger avec lui dans les méandres de la débauche, de la luxure et de la mort. Cette première offrande est sortie cette année sur le sombre catalogue d'Hass Weg Productions et se livre à nous dans des effluves d'alcool, de sexe et des miasmes de pourritures. Le maître de cérémonie qui vomit ce blasphème et répond au nom du Démoniaque se trouve être Antoine Guibert, d'Onirism, Kerifern et membre live de Belenos.

« Sous la ville, dans la pénombre
Entre les murs des catacombes
Dans le froid et l'humidité
Je me noie dans l'obscurité »


'Le Démoniaque', nous livre dès les première notes, un Metal Noir crasseux et impie. Classique dans la forme, les paroles donnent toutes la profondeur au concept et au parjure de Dieu qui s'écoule face à nous. « Le Démoniaque » nous fait manger de la mort-au-rat au goût de lubricité. Sa parole perverse prend la forme de riffs à la fois alanguis et malsains le tout sur la violence d'une batterie programmée qui sonne parfois un peu trop artificielle. Mais le seigneur de ces Catacombes nous fait rapidement oublier cela dans l'atmosphère d'ensemble qui se dégage de l'album. Des passages plus calmes comme sur la fin de 'L'Antre Effroi' ou encore l'interlude permettent de façonner l'ensemble, de lui donner cette forme musicale personnelle et dépravée. Se plonger dans les paroles, permet à nous auditeur malsain de nous laisser guider par ce pygmalion possédé et enhardi par un Black Metal à la finlandaise directement inspiré de Sargeist ou encore de Horna. Le chant lacère notre âme, et fait écho à ces guitares, guitares parfois languissantes ou impétueuses. Les ambiances se font sépulcrales, une forme d'urbanisme décadent et hideux, qui rappelle le romantisme noir et sa fascination pour la folie, le crime le tout dans des atmosphères macabres et angoissantes où la présence du Démoniaque marque de son empreinte cette exacerbation noire du romantisme.
Si l'ensemble de l'album est homogène, dans sa qualité et ses compositions, il prend toute sa dimension avec les paroles. Les textes en eux mêmes font penser à un mélange d'ode diabolique et de poésie paillarde sadique. Ils font terriblement échos au roman « The Monk » publié en 1796 de l'écrivain britannique Matthew Gregory Lewis. Cet ouvrage, aborde des thèmes à la fois immoral et séditieux vis à vis de la norme sociale catholique tels que le viol, l'inceste, le parricide et la magie noire. Le Démoniaque prend lui aussi parti avec un Black Metal qui se veut classique mais qui prend racines dans les Catacombes où les cadavres se putréfient. Les effluves mortuaires s'élèvent et se repandent, pernicieuses dans les rues de nos villes et de nos villages.

« Je m'en farcis une, sans sa perruque
À cause des cris, un mec me reluque
Il reste là, sans broncher
L'regard vitreux, il est torché!

Il vient du bar, j'y vais m'en jeter une! »

La fin est la faim d'un monde qui nous dégoûte et nous fascine. « Le Démoniaque » nous corrompt, nous abrutit d'alcool et de sexe, de riffs et de chant avilissant. Le Démoniaque corrompt ce qui est honnête et délicat, force nos pires pulsions à s'extérioriser et nous offre ses Catacombes, un lieu propice pour nous plonger dans les méandres abjectes des chapitres infâmes qui composent ce premier album.

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Morgan


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