2 mars 2017

Chronique | SATANIKA - "Total Inferno" (Album, 2015)



Satanika - "Total Inferno" (Album, 2015)

Tracklist:

01. The Worst Is Yet to Come
02. Sighs from the Depths
03. The Black Death
04. Our Lady of Darkness
05. Ripping Evil
06. Gates of Hell
07. Schizoid
08. Necromancer
09. Yog-Sothoth
10. Sleaze!!!
11. Total Inferno

Extrait en écoute:



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Satanika, groupe de death/black/thrash créé en 2009, a sorti il y a deux ans "Total Inferno" chez les désormais cultes Osmose Productions. Ce trio est composé de Barren aux guitares, d'Aeternus aux futs, et de Pervertor derrière le micro. La carrière de ces trois Italiens m'était inconnue jusqu'alors, mais Schizoid (musique diffusée avant la sortie officielle de l'album) m'était aguicheuse. Suffisamment pour attendre avec impatience cette tuerie (a priori). Le tout arriva, à peine réceptionné qu'il fut passé à l'écoute avec curiosité mais aussi crainte d'être finalement déçu.


"The worst is yet to come" (le pire reste à venir)... La pression monte face à cette introduction absolument parfaite et finalement arrive "Sign from the dephts". Musique plus que bien venue pour décharger la haine produite par l'intro. Elle n'est pas innovante mais fait parfaitement le travail. La dose d'efficacité demandée est bien présente et la batterie fuse sans faute malgré des riffs plutôt basiques. L'album continue de tourner, les morceaux s'entrechoquent mais plus il avance, plus j'en suis déçu. Les musiques sont toutes similaires sur plusieurs points : la structure de chaque morceau et les riffs composés sont relativement communs, et encore, s'ils peuvent un minimum varier, ne parlons pas du tempo. Seulement trois-quatre valeurs de tempos sont présentes pour onze titres, soit trop peu pour moi, pour un album déjà monotone dans l'ensemble. Pour les riffs et mélodies, même si certaines pépites sortent du lot (mélodie principale de 'Black death', le riff en palm muting sur 'Our lady darkness', 'Gates of hell' ...), le tout reste plat, sans originalité, ni grosse énergie malgré un Aeternus talentueux derrière ses fûts qui y met vraiment du sien pour une rythmique propre et sans bavures.

Pour être honnête, je n'ai jamais pu écouter cet album d'une traite car arrivé aux trois quarts, j'en avais marre. Et pourtant, je revenais avec motivation sur ce disque, recherchant l'efficacité de ce dernier, mais je relâchais l'affaire là où je l'avais laissé la dernière fois, et pour les mêmes raisons. Je pense qu'ils ont voulu sortir un album très linéaire dans le son en lui même, le mixage, les riffs, le tempo pour que il soit écoutable d'une seule traite et que les pistes défilent sans mal. C'est justement ce qui donne l'effet inverse pour ma part. Si la majorité des paroles tournent autour d'un macabre et de sorcières qui sont présent dès le début de la carrière du trio, des inspirations nouvelles proviennent des l'oeuvres légendaires de H.P. Lovecraft. Je reste mitigé sur cette orientation textuelle et visuelle, car le groupe n'en fait pas plus que mention. Quand je pense à ce genre de littérature horrifique dans le metal, je pense aux atmosphères sombre, aux musiques angoissantes, profondes et gigantesques qui collent à la grandeur et la monstruosité de ces extraterrestres (comme peut le faire Sulphur Aeon par exemple). Ici, les références cthulhiennes me donnent l'impression de seulement "ajouter un truc en plus", comme pour marquer une originalité sans plus de profondeur.

Mes connaissances dans l'univers de Lovecraft se limitent à L'Appel de Cthulhu, il ne m'est donc pas possible de nommer l'extraterrestre présent sur la cover de l'album. Néanmoins, il me parle. On sent la monstruosité et la grandeur de cet être propre à l'univers emprunté. La pochette est magnifique. C'est une oeuvre à part entière, avec de l'émotion (pour moi, ce sont la frayeur et l'impression de petitesse face à ce monstre qui ont prit le dessus). Elle ne sert pas seulement à donner une première impression sur l'album et à le vendre mais à vraiment du sens pour ma part. A noter qu'elle change aussi radicalement de ses prédécesseurs, qui avaient cet esprit gore old school et satanique.

C'est donc avec amertume que je vais ranger cet album dans mon étagère après seulement une dizaine d'écoutes et un passage rapide dans mon pc pour l'extraire puis peut-être ne plus jamais le ressortir... C'est dommage car il y avait pour autant pas mal d'idées, tant pis. En revanche, jetez-vous sur les admirables "Satanikattack" et "Nightmare" que j'ai eu la chance de découvrir par la suite, et que je trouve bien au dessus de ce dernier. Entre des riffs qui marquent vraiment les esprits, tranchants, et une ambiance malsaine et fun des films gores des années 80, vous avez de la matière à exploiter. "Total Inferno" peut valoir un rapide détour pour les fans du groupe, de Destroyer 666 ou encore Necrowretch mais ça s'arrête là selon moi.

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Blackwings

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