7 février 2017

Chronique | HORN - "Turm am Hang" (Album, 2017)


Horn – "Turm Am Hang" (Album, 2017)

Tracklist:

1. Alles in einem Schnitt
2. Turm am Hang
3. Verhallend in Landstrichen
4. Die mit dem Bogen auf dem Kreuz
5. Ä(h)renschnitter
6. Totenräumer
7. Lanz und Spieß
8. Bastion, im Seegang tauber Fels
9. The sky has not always been this way
 ( When Bitter Spring Sleeps cover)

Extrait en écoute:


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Aujourd'hui direction l'Allemagne avec le nouvel album du projet solo Horn, Turm am Hangsorti tout récemment chez Northern Silence Productions. Horn, projet fondé en 2003 par Niklas (rien à voir avec la Britney Spears sous Valium de Shining), aussi appelé Nerrath, joue un Black Metal évocateur des temps anciens, centré sur la relation de l'Homme face à la nature dans un contexte régional (démarche assez proche du Cascadian Black Metal dans l'idée donc). Horn revendique une approche « sérieuse » du folklore Allemand, loin des crincrins dansants et des odes à la bière et à la baston des starlettes du Pagan signées chez Nuclear Blast.


Turm am Hang est le huitième album du groupe, et garde l'approche du précédent album, Feldpost, sorti en 2015, c'est à dire un Black Metal batailleur et épique, contrairement aux précédents albums, plutôt typés atmosphériques. L'album s'inspire  notamment de la chanson traditionnelle Allemande du 17ème siècle Er ist ein Schnitter, héritée de la guerre de Trente ans qui opposa le Saint Empire aux États Allemands Protestants ; ainsi que des Lansquenets, mercenaires Allemands du 16-17ème siècle réputés pour leur férocité. 
 
Le disque débute par un accord de violoncelle, cédant vite la place à une batterie martiale et à des riffs hachés et conquérants. On retrouvera ces sonorités guerrières tout au long de l'album, évocation d'une armée conquérante et impassible en marche vers l'ennemi ; le plus explicitement sur le troisième morceau de l'album, Verhallend in Landstrichen qui est introduit par une musique militaire, rapidement rejointe par un sample de bruit de bottes.

Le chant de Niklas, guttural et puissant, contraste avec ce qu'on a l'habitude d'entendre dans le Black, et la langue Allemande contribue beaucoup à la force des paroles de l'homme, que ce soit dans un chant saturé que dans des chœurs clairs. Les parties clean ne sont pas en reste, avec notamment l'intro aux galops entrainants du morceau éponyme,  ainsi que la première partie très Bathorienne de Die mit dem Bogen auf dem Kreuz.

Néanmoins l'album ne manque pas de temps forts rageurs et entêtants, que ce soit le refrain de Ä(h)renschnitter où celui de Turm am Hang. Comment ne pas penser au groupe irlandais Primordial en écoutant cet album,on retrouve les riffs galopants, le chant éraillé, ainsi que l'univers musical à mi chemin entre la mélancolie, la nostalgie et la rage du guerrier partant au combat, jusqu'à l'idée d'évoquer la destinée d'un peuple sans être limité à un contexte ou une époque.

L'album se clôt sur The Sky Has Not Always Been This Way, une reprise des Américains de When Bitter Spring Sleeps, contrastant le reste de l'album par la langue Anglaise et son coté lancinant et mélancolique, elle garde cependant une fascination indicible pour la nature et les étendues sauvages. 

Turm Am Hang est par conséquent l'une des meilleurs sorties Black Metal de ce début d'année et un excellent album de Pagan Black, qui sans être une révolution dans le genre, ne peut nous rendre qu'enthousiaste quand à l'avenir du projet qui est loin d'en être à son coup d'essai.


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Caelwyd




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